Le chroniqueur et analyste politique Badara Gadiaga a été placé sous mandat de dépôt ce lundi 14 juillet 2025, à l’issue de son audition par le doyen des juges d’instruction du tribunal de Dakar. Après un premier retour de son dossier au parquet le vendredi précédent, la justice a finalement retenu plusieurs chefs d’inculpation à son encontre.

Selon le parquet, Badara Gadiaga est poursuivi pour diffusion de fausses nouvelles, atteinte aux bonnes mœurs, ainsi que pour outrage et offense à une personne exerçant les prérogatives du chef de l’État. Des accusations jugées lourdes par ses avocats et dénoncées par ses soutiens comme une atteinte à la liberté d’expression.
Depuis l’annonce de sa détention préventive, une vague de réactions a envahi les réseaux sociaux. Plusieurs figures de la société civile, journalistes et militants ont exprimé leur indignation, évoquant une « procédure politique » visant à faire taire une voix critique du régime.
« C’est une liquidation judiciaire de la parole libre », peut-on lire sur de nombreuses publications partagées ce lundi.
Une mobilisation citoyenne a été lancée dans la foulée. Une affiche largement relayée appelle à un rassemblement devant le tribunal de Dakar, en signe de solidarité avec le chroniqueur. Le message s’adresse aux journalistes, acteurs de la société civile, défenseurs des droits humains et simples citoyens, les invitant à dénoncer ce qu’ils considèrent comme une tentative d’intimidation et de musellement de la presse indépendante.
Cette affaire intervient dans un contexte où la question de la liberté d’expression reste au cœur des débats au Sénégal. L’incarcération de Badara Gadiaga pourrait bien relancer les inquiétudes sur les pratiques judiciaires à l’égard des voix dissidentes, dans un pays souvent présenté comme un bastion de la démocratie en Afrique de l’Ouest.



