Alioune Tine dénonce la volonté de contrôle de la société civile par l’État

Alioune Tine, fondateur de l’Afrikajom Center et figure majeure de la société civile sénégalaise, a vivement réagi aux récentes déclarations du Premier ministre Ousmane Sonko, qui s’est prononcé contre le financement extérieur des organisations de la société civile. Invité de l’émission « En Vérité » diffusée ce dimanche sur Radio Sénégal, l’ancien président de la RADDHO n’a pas mâché ses mots.

« Je ne suis pas d’accord avec l’interdiction des financements extérieurs. Mais s’ils veulent le faire, qu’ils le fassent. Mon engagement n’est pas motivé par l’argent », a-t-il lancé, dénonçant une tentative de museler les voix indépendantes dans le pays.

Alioune Tine voit dans cette posture une confusion dangereuse entre parti politique et appareil d’État.

« Le Premier ministre est dans une logique de parti-État. Il ne peut pas admettre une société civile qui ne marche pas avec lui. Or, une société civile digne de ce nom ne doit faire allégeance à aucun pouvoir. Elle doit alerter lorsque les choses ne vont pas », a-t-il martelé.

Pour étayer ses propos, M. Tine a rappelé le rôle historique joué par les organisations de défense des droits humains au Sénégal. La RADDHO, qu’il a dirigée, a été un acteur clé de la mobilisation citoyenne contre le troisième mandat d’Abdoulaye Wade, notamment au sein du Mouvement du 23 juin (M23).

« En 2004, c’est l’État du Sénégal qui avait plaidé pour que la RADDHO obtienne le statut d’observateur aux Nations unies. Si aujourd’hui on parle de souveraineté, cela implique aussi de financer nous-mêmes notre société civile, tout en respectant son indépendance », a-t-il souligné.

Au-delà des figures médiatiques, Alioune Tine a tenu à rappeler la richesse et la diversité de la société civile, notamment dans les zones rurales.

« Il y a, dans les coins les plus reculés du pays, des personnes qui travaillent sans aucun soutien, simplement pour améliorer la vie de leurs concitoyens. La société civile, ce ne sont pas seulement quelques ONG connues, ce sont aussi ces anonymes qui œuvrent pour les droits et la dignité humaine. »

En conclusion, le fondateur d’Afrikajom Center a plaidé pour un dialogue national ouvert et la reconnaissance du rôle stratégique de la société civile dans la consolidation de la démocratie, la surveillance de l’action publique, et la défense de l’État de droit au Sénégal.

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