Lors de l’examen du projet de loi portant création de l’Office national de lutte contre la corruption (OFNAC), lundi à l’Assemblée nationale, la députée Aïssata Tall Sall a vivement fustigé les priorités du nouveau régime.

Selon l’ancienne ministre de la Justice sous Macky Sall, l’urgence ne réside pas dans la modification d’une loi, mais plutôt dans la gestion des urgences nationales. Elle a notamment dénoncé ce qu’elle considère comme une volonté manifeste de « dégager » Serigne Bassirou Gueye, actuel président de l’OFNAC, nommé pour un mandat de six ans.
« L’urgence de cette session extraordinaire, c’est de voter une nouvelle loi pour dégager Serigne Bassirou Gueye, comme on veut dégager les autres institutions », a-t-elle lancé avec véhémence.
Très offensive, la parlementaire de Podor a mis en garde le pouvoir en place :
« Dégagez, dégagez, jusqu’au jour où le bon Dieu vous dégagera du Sénégal ».
Au-delà de la polémique institutionnelle, Aïssata Tall Sall a exprimé sa déception face à l’ordre du jour retenu. Pour elle, « l’heure est grave » et les véritables urgences du pays concernent la gestion des inondations et des crues du fleuve Sénégal.
« J’espérais voir le ministre de l’Intérieur venir présenter le plan Orsec, alors que le fleuve déborde à Podor, Dagana et bientôt à Saint-Louis. J’attendais le ministre de l’Assainissement pour nous parler des inondations, à l’heure où le pays s’engouffre sous l’eau des pluies », a-t-elle déploré.
Or, les députés ont été convoqués pour examiner quatre projets de loi :
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Projet de loi n° 12.20.25 : Création de l’OFNAC
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Projet de loi n° 13.20.25 : Statut et protection des lanceurs d’alerte
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Projet de loi n° 14.20.25 : Accès à l’information
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Projet de loi n° 15.20.25 : Déclaration de patrimoine
Tout en reconnaissant l’importance de ces textes, la députée a interrogé leur pertinence dans le contexte actuel :
« Je ne dis pas qu’ils ne sont pas importants. Mais quelle est l’urgence de les examiner maintenant ? »



