Interpellé à l’Assemblée nationale sur le licenciement de 19 employés de l’hôtel Radisson de Diamniadio, le ministre de la Culture, de l’Artisanat et du Tourisme, Amadou Ba, n’a pas minimisé l’ampleur de l’affaire, qu’il a qualifiée de « grand scandale ». Il a reconnu la gravité de ces licenciements, survenus dans un établissement hôtelier stratégique pour la promotion du tourisme d’affaires au Sénégal.

Amadou Ba a toutefois souligné que la capacité d’action du gouvernement est fortement limitée par les termes du contrat qui lie l’État à la société turque chargée de la gestion de l’hôtel. « L’hôtel appartient au Sénégal mais a été confié à une société turque pour un contrat de 15 ans pour la gestion », a-t-il rappelé devant les députés, indiquant que cette délégation de gestion réduit la marge de manœuvre directe des autorités.
Le ministre a pointé du doigt certaines clauses contractuelles qu’il juge particulièrement contraignantes. « Les clauses inscrites dans le contrat empêchent le gouvernement d’intervenir », a-t-il déploré. À titre d’exemple, il a révélé qu’« il a été mentionné dans les clauses que s’il y a des contentieux, ils doivent être réglés par le tribunal de Paris », éloignant ainsi le règlement des litiges des juridictions sénégalaises et compliquant toute action rapide en faveur des travailleurs.
Amadou Ba a également précisé que le contrat accorde à l’hôtel une large autonomie en matière de gestion interne, notamment pour la définition des conditions de travail et des relations avec le personnel. Cette autonomie, inscrite noir sur blanc dans les dispositions contractuelles, limite de façon significative la capacité de l’État à intervenir dans ce dossier social, malgré les interpellations parlementaires et l’émotion suscitée par le licenciement des 19 travailleurs.



