Quinze ans après leur recasement dans le cadre du projet de l’autoroute à péage, les habitants de la cité APIX à Tivaouane Peulh sont descendus dans la rue ce dimanche pour réclamer la délivrance de leurs titres de propriété. Ils rejettent fermement la proposition de l’APIX SA et des services des Domaines de leur attribuer de simples baux en lieu et place des droits de superficie initialement prévus.

Selon Sud Quotidien, ces familles, originaires des zones de Pikine irrégulier Sud et Nord, avaient été déplacées conformément au Plan d’Action de Réinstallation (PAR) validé par l’État et financé en partie par la Banque mondiale. Ce plan prévoyait la remise de titres fonciers définitifs aux ménages recasés. Mais quinze ans plus tard, les autorités évoquent désormais une alternative sous forme de baux, une proposition que le Comité Inter-ilots de la cité APIX (CICA) juge inacceptable.
Le président du CICA, Pape Badiane, a rappelé les engagements initiaux :
« On nous avait dit qu’à notre arrivée, il fallait procéder à une sécurisation foncière ; à la place de baux, on avait signé des droits de superficie. »
Il précise qu’une procédure avait été lancée, mais qu’à ce jour, seulement une centaine de titres sur les 2 039 maisons a été effectivement remise.
De son côté, le porte-parole du collectif, Ndongo Sall, accuse certains agents de l’APIX et des Domaines de tentatives de détournement du foncier :
« Des agents véreux contournent les procédures pour établir des baux sur les bandes et même sur des parcelles déjà attribuées. »
Il affirme la détermination des résidents :
« Nous ne reculerons devant rien. Ils n’ont qu’à nous tuer ou raser toute la cité. »
À l’issue d’une réunion d’information, les habitants ont organisé une marche de protestation, avertissant qu’ils sont prêts à passer à la vitesse supérieure. Ils menacent notamment de bloquer l’autoroute à péage, sans dévoiler la date prévue, afin d’« assurer l’effet de surprise ».
Cette mobilisation révèle une fois de plus les tensions persistantes autour de la gouvernance foncière au Sénégal, où les populations réclament le respect des engagements pris lors des projets de réinstallation et d’aménagement.




