Le Premier ministre Ousmane Sonko poursuit sa série de communications publiques consacrées à la renégociation des conventions et contrats stratégiques conclus par l’État du Sénégal. Ce jeudi 12 mars 2026, lors d’un point de presse tenu au Building administratif, le chef du gouvernement a annoncé une réforme majeure visant le secteur des cimenteries.

Cette initiative s’inscrit dans la volonté affichée par les autorités de réexaminer les accords conclus avec certaines industries stratégiques et de corriger les manquements financiers et juridiques constatés dans leur mise en œuvre.
Selon les informations présentées par le Premier ministre, les quatre cimenteries opérant au Sénégal auraient accumulé d’importants manques à gagner pour l’État, estimés respectivement à 160 milliards, 148 milliards, 63 milliards et 47 milliards de francs CFA. Ces montants résulteraient principalement du non-paiement de certaines taxes et redevances, mais aussi de l’octroi d’avantages fiscaux et douaniers accordés dans des conditions jugées irrégulières.
Face à ces constats, le gouvernement a décidé de réaligner l’ensemble du secteur sur le régime fiscal et douanier approprié. Cette mesure sera intégrée dans le nouveau code en cours de finalisation, qui prévoit notamment la suppression de toutes les exonérations fiscales accordées aux cimenteries.
Pour l’exécutif, cette réforme vise à instaurer plus d’équité fiscale et de transparence dans la gestion des industries extractives et manufacturières, tout en renforçant les recettes publiques.
Selon les projections présentées par le chef du gouvernement, la mise en œuvre de ces mesures pourrait générer un gain annuel supplémentaire estimé à 360 milliards de francs CFA pour l’État sénégalais.
Cette décision s’inscrit dans une dynamique plus large engagée par le gouvernement pour revoir les conventions jugées déséquilibrées, renforcer la souveraineté économique du pays et optimiser la valorisation de ses ressources industrielles.



