Ousmane Sonko : « Depuis l’indépendance, le Sénégal s’est trompé de priorités économiques »


Le Premier ministre Ousmane Sonko a dressé un diagnostic sévère des politiques économiques menées au Sénégal depuis l’indépendance. Selon lui, les choix stratégiques opérés par les autorités successives ont souvent privilégié des dépenses de prestige politique au détriment des investissements structurants capables de développer les secteurs clés de l’économie.

Le chef du gouvernement estime que la construction d’une économie solide ne peut se faire sans une vision claire et une connaissance approfondie des potentialités nationales. Cette vision doit, selon lui, s’appuyer sur des mécanismes de financement cohérents et un encadrement stratégique permettant de structurer des filières économiques fortes.

S’exprimant jeudi lors du lancement des activités de mobilisation du secteur privé dans les agropoles et sites industriels, Ousmane Sonko a regretté que le Sénégal n’ait jamais véritablement travaillé à bâtir une telle orientation économique ni à l’exécuter de manière cohérente.

« Une économie doit se bâtir et se construire à partir d’une bonne connaissance des potentialités du pays et d’une vision claire articulée à des schémas de financement et d’encadrement », a-t-il déclaré.

Une économie trop tertiarisée

Pour le Premier ministre, cette absence de stratégie industrielle a conduit à une structure économique déséquilibrée. Il souligne que l’économie sénégalaise est aujourd’hui fortement dominée par le secteur tertiaire, une configuration qui, selon lui, ressemble davantage à celle des économies post-industrielles.

« Le constat est là : une économie très fortement tertiarisée dont la structure ressemble beaucoup plus à celle des économies post-industrielles, alors qu’on n’a quasiment pas d’industrie », a-t-il expliqué.

Des investissements importants mais peu productifs

Le chef du gouvernement a également rappelé que d’importantes ressources financières ont été mobilisées au fil des décennies pour soutenir le développement économique. Des investissements directs et indirects, ainsi que des financements bilatéraux et multilatéraux, ont été injectés dans l’économie sénégalaise et africaine.

Toutefois, selon Ousmane Sonko, ces investissements n’ont pas produit les résultats attendus pour les populations.

« Énormément d’argent a été investi au Sénégal et en Afrique de manière générale. Mais le constat est que cela n’a pas généré une croissance qui profite réellement aux Africains et aux Sénégalais, parce que nous nous sommes trompés de priorités », a-t-il affirmé.

Corriger les erreurs du passé

Face à ce diagnostic, le Premier ministre estime qu’il est désormais nécessaire de corriger ces orientations et de redéfinir les priorités économiques du pays. L’objectif, selon lui, est de renforcer les secteurs productifs, notamment l’agriculture, l’industrie et les chaînes de valeur locales, afin de créer une croissance plus inclusive et durable.

Cette nouvelle orientation s’inscrit dans la volonté du gouvernement de repositionner le Sénégal sur une trajectoire de transformation économique fondée sur la valorisation de ses ressources et la structuration de véritables filières industrielles.

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