Le parti Alliance pour la République (APR) a fait face à la presse dimanche 15 mars pour réagir aux débats suscités par certaines déclarations sur les contrats et négociations impliquant l’État du Sénégal. À cette occasion, l’ancien ministre des Transports et des Infrastructures, El Hadj Oumar Youm, a appelé les autorités actuelles à davantage de prudence dans leurs prises de parole publiques, estimant que celles-ci pourraient affecter la confiance des investisseurs.

Selon lui, les discours mettant en cause certains contrats stratégiques risquent d’avoir un impact négatif sur l’image du pays auprès des partenaires économiques internationaux. « Il faut être extrêmement prudent en termes de perception que les investisseurs vont avoir sur l’État du Sénégal et sa volonté », a-t-il déclaré.
L’ancien ministre a insisté sur la nécessité de respecter les engagements juridiques dans un État de droit. D’après lui, les contrats signés dans des secteurs clés tels que le pétrole, le gaz, les mines ou encore les infrastructures ont été conclus dans le strict respect de la législation en vigueur. « Un État de droit, c’est un État qui respecte la force juridique des contrats souscrits légalement. Il n’y a aucun contrat pétrolier, minier, gazier ou d’infrastructures au Sénégal qui ait été signé sans le respect de la loi », a-t-il affirmé.
El Hadj Oumar Youm a également rappelé que le code pétrolier sénégalais prévoit des dispositions spécifiques, notamment des clauses de stabilité destinées à sécuriser les investissements. Ces mécanismes empêchent une remise en cause unilatérale des contrats et visent à garantir un climat de confiance pour les investisseurs qui engagent des montants importants. « Les investisseurs mobilisent parfois entre 4 000 et 5 000 milliards de francs CFA en se fondant sur la loi en vigueur. Ils prennent toutes les dispositions nécessaires pour sécuriser leurs investissements », a-t-il expliqué.
L’ancien ministre a par ailleurs mis en garde contre les conséquences économiques de déclarations répétées mettant en doute la validité de ces contrats. Selon lui, une telle perception pourrait entraîner ce qu’il qualifie d’« effet de renchérissement des capitaux ». Autrement dit, le Sénégal pourrait être perçu comme un pays à risque par les marchés financiers, ce qui se traduirait par une hausse du coût de l’endettement. « Quand ce type de discours se poursuit, le Sénégal peut être considéré comme un risque pays majeur. Cela peut conduire à une augmentation du coût du capital », a-t-il averti.
Il a également souligné que le pays fait déjà face à des conditions d’emprunt relativement élevées sur les marchés financiers. « Aujourd’hui, lorsque le Sénégal emprunte, c’est presque comme un pays en guerre, car le niveau de risque perçu est élevé. Or, plus le risque est élevé, plus les taux d’intérêt augmentent », a-t-il indiqué.
Pour conclure, El Hadj Oumar Youm a rappelé que les investisseurs internationaux agissent avant tout dans une logique de rentabilité. « Les investisseurs ne sont pas des humanitaires ; ils viennent pour gagner de l’argent », a-t-il soutenu.



