Le bras de fer juridique entre le Sénégal et la Confédération Africaine de Football entre dans une phase décisive. Après la décision controversée de l’instance faîtière du football africain de retirer le titre continental aux Lions au profit du Maroc, les regards se tournent désormais vers le terrain du droit, où chaque démarche pourrait peser lourd dans l’issue du dossier.

Dans un entretien accordé à nos confrères de PressAfrik, l’universitaire et expert en droit du sport, Abdoulaye Sakho, a livré une analyse détaillée de la situation, tout en proposant des pistes concrètes à la Fédération sénégalaise de football (FSF) pour « échapper » à ce qu’il qualifie de piège juridique.
D’emblée, Pr Sakho met en garde : le recours que la FSF envisage devant le Tribunal Arbitral du Sport n’a pas d’effet suspensif automatique. « Cette saisine n’a pas du tout ou n’a pas automatiquement un effet suspensif. Cela veut dire que la CAF pourrait, malgré le recours du Sénégal, organiser une cérémonie de remise du trophée au Maroc », explique-t-il.
Face à cette situation, l’expert appelle à une réaction rapide et stratégique. Il souligne que le droit offre une fenêtre d’action de 48 heures pour éviter un basculement irréversible. Selon lui, la FSF doit « agir très vite auprès du TAS, particulièrement auprès du président de la chambre d’appel, pour solliciter la suspension de l’exécution de la décision contestée » jusqu’à la décision finale.
Une telle démarche permettrait, selon Pr Sakho, de maintenir le statu quo : « Jusqu’à cette période-là, le trophée restera au Sénégal et le Sénégal sera toujours considéré comme vainqueur de cette coupe ».
Malgré la complexité du dossier, l’universitaire se veut optimiste quant à l’issue de la procédure. « Au regard de ce que je sais du droit du sport, il y a de très fortes chances que la décision soit réformée, si le TAS s’en saisit », affirme-t-il, en se référant à la jurisprudence et à la pratique du tribunal en la matière.
Pour rappel, lors de la finale de la CAN 2025 disputée le 18 janvier 2026, le Sénégal avait temporairement quitté la pelouse pendant plus de 15 minutes pour protester contre des décisions arbitrales controversées, notamment un but refusé et un penalty litigieux. Les Lions étaient finalement revenus sur le terrain avant de s’imposer en prolongations.
Cependant, la Confédération Africaine de Football s’est appuyée sur l’article 84 de ses statuts, qui prévoit l’exclusion d’une équipe quittant le terrain ou refusant de poursuivre un match, pour justifier sa décision de retirer le titre au Sénégal.
Dans ce contexte tendu, la bataille se déplace désormais sur le terrain juridique, où chaque heure pourrait s’avérer décisive pour l’issue du dossier.




