Pape Matar Sarr : le déclassement inquiétant d’un héritier annoncé


Longtemps perçu comme le futur patron du milieu sénégalais, Pape Matar Sarr traverse aujourd’hui une zone de turbulence. Peu utilisé lors de la fenêtre internationale de mars, le joueur de Tottenham paie une concurrence accrue et une dynamique personnelle en berne. Un signal faible devenu tendance lourde.

Le contraste est saisissant. Alors que le Sénégal a signé un sans-faute convaincant face au Pérou (2-0) puis contre la Gambie (3-1), Pape Matar Sarr (4 buts et 2 passes décisives en 38 sélections) n’a été qu’un figurant. Dix minutes disputées, puis une absence sur blessure : le bilan est famélique pour celui qui incarnait, il y a encore quelques mois, la relève naturelle de l’entrejeu des Lions.

Car le déclassement est réel. Dans la hiérarchie de Pape Thiaw, le milieu formé à Génération Foot est désormais relégué derrière Idrissa Gana Gueye, Pape Gueye, Lamine Camara, Habib Diarra voire même Pathé Ciss. Une chute brutale pour un joueur qui, récemment encore, portait les ambitions offensives de la sélection dans les éliminatoires de la Coupe du monde (4 buts et une passe décisive en 10 matchs).

Le 9 septembre dernier, son but décisif face à la RD Congo avait fait de lui le héros d’un peuple. À cet instant, tout semblait écrit : PMS serait le prochain patron. Mais depuis, la trajectoire s’est infléchie. Sa prestation terne contre le Brésil en novembre, conclue par une sortie sur blessure, a marqué un tournant. Depuis, une seule titularisation, lors de la CAN 2025 face au Bénin, sans réel impact. Son dernier match en intégralité avec les Lions remonte au 10 octobre 2025 à Juba face au Soudan du Sud (0-5).

Malaise en sélection ?

Plus inquiétant encore, Pape Matar semble atteint mentalement. Entre un malaise survenu en finale contre le Maroc, une frustration perceptible et une perte de confiance, le Sénégal découvre un talent fragilisé. Lui qui brillait par sa capacité à se projeter et à répéter les efforts apparaît aujourd’hui en retrait, comme freiné dans son élan.

La fenêtre de mars devait être celle du rebond. Elle s’est transformée en occasion manquée. Victime d’un pépin physique avant d’affronter la Gambie, alors qu’une titularisation se profilait, le numéro 17 des Lions a laissé filer une nouvelle opportunité de marquer des points.

Pourtant, tout n’est pas sombre. En club, à Tottenham, il enchaîne les minutes et bénéficie de la confiance de ses entraîneurs, successivement Thomas Frank puis Igor Tudor. Un paradoxe qui interroge : comment expliquer un tel écart de rendement entre club et sélection ?

La réponse pourrait venir de la stabilité et du rôle qui lui sera confié à Londres, notamment avec l’arrivée annoncée de Roberto De Zerbi. Car Pape Thiaw l’a martelé, les performances en club seront déterminantes.

À 23 ans, Pape Matar Sarr n’est pas perdu pour la cause. Mais le temps presse. Derrière, la concurrence pousse, incarnée par des profils émergents comme Rassoul Ndiaye ou Pape Demba Diop. Dans une Tanière où le mérite prime, le statut ne protège plus.

Le message est clair : pour redevenir un cadre, Sarr devra redevenir décisif. Et vite.

Lamine Mandiang Diédhiou

Auteur/autrice

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Retour en haut
Activer les notifications OK Non merci
Résumé de la politique de confidentialité

Ce site utilise des cookies afin que nous puissions vous fournir la meilleure expérience utilisateur possible. Les informations sur les cookies sont stockées dans votre navigateur et remplissent des fonctions telles que vous reconnaître lorsque vous revenez sur notre site Web et aider notre équipe à comprendre les sections du site que vous trouvez les plus intéressantes et utiles.