Motsepe face au dossier des supporters : « une responsabilité que nous assumons »


En marge de la conférence de presse tenue ce mercredi à Dakar, le président de la CAF, Patrice Motsepe, est sorti de sa réserve sur la détention de 18 supporters sénégalais au Maroc depuis la finale de la CAN. Entre reconnaissance de responsabilité et prudence diplomatique, le dirigeant sud-africain avance sur une ligne de crête.

Le sujet était inévitable, presque brûlant. Plus de 80 jours après la finale de la Coupe d’Afrique des nations, la situation des 18 supporters sénégalais toujours détenus au Maroc continue de susciter une vive émotion. Interpellé ce mercredi soir à Dakar, en marge d’une conférence de presse, Patrice Motsepe a choisi de répondre frontalement, sans pour autant s’affranchir d’une certaine retenue.Le président de la Confédération africaine de football (CAF) a d’abord reconnu une part de responsabilité dans cette affaire, un positionnement rarement exprimé à ce niveau.

« Ces supporters n’ont pas été arrêtés à l’extérieur du stade, mais bien à l’intérieur, dans le cadre d’une compétition que nous avons organisée. À ce titre, il est évident que cela relève aussi de notre responsabilité », a-t-il admis, dans un ton mesuré mais ferme.

Conscient de la pression médiatique et populaire autour de ce dossier, Motsepe a validé la légitimité des interpellations. « Les requêtes formulées, par vous comme par de nombreux observateurs du football, sont parfaitement légitimes », a-t-il insisté, soulignant que le contexte, une arrestation lors d’un événement estampillé CAF, impose des réponses.

Mais derrière cette reconnaissance, le dirigeant sud-africain avance avec prudence. Refusant toute surenchère publique, il a révélé l’existence de discussions en cours, inscrites dans un cadre diplomatique.

« C’est une question très importante pour nous. Nous y sommes particulièrement sensibles », a-t-il assuré, sans entrer dans les détails des négociations engagées.

« Cette situation nous préoccupe énormément »

La suite du propos en dit long sur la complexité du dossier. Motsepe a clairement fermé la porte à toute communication détaillée, invoquant la nature délicate des échanges.

« Ce ne sont pas des discussions qui peuvent être exposées sur la place publique. Elles doivent être menées au plus haut niveau entre les autorités compétentes des deux pays, notamment sur le plan diplomatique », a-t-il expliqué, renvoyant implicitement aux canaux étatiques.

Un équilibre subtil, entre responsabilité assumée et diplomatie maîtrisée, qui illustre les limites du pouvoir de la CAF dans une affaire à la croisée du sport et des relations internationales. En attendant une issue, le patron du football africain a tenu à adresser un message aux Sénégalais : « Cette situation nous préoccupe énormément. »Reste désormais à savoir si cette implication affichée se traduira rapidement par des avancées concrètes pour les supporters concernés.

Lamine Mandiang DIEDHIOU

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