Diomaye Faye fixe le cap: « Une justice indépendante n’est pas un slogan »


« Une justice indépendante n’est pas un slogan, c’est une exigence démocratique. » C’est par cette déclaration forte que le président Bassirou Diomaye Faye a marqué les esprits, ce jeudi 9 avril 2026, lors de la rentrée solennelle de la Conférence du Stage du Barreau du Sénégal.

Face aux avocats, magistrats et représentants des barreaux africains et internationaux, le chef de l’État a livré un diagnostic sans concession du système judiciaire sénégalais, tout en traçant les grandes lignes d’une réforme engagée, selon lui, dès son accession au pouvoir.

Parmi les signaux forts, le Président a salué la pose de la première pierre de l’École des Avocats, un projet qu’il considère comme structurant. « Cet acte n’est pas seulement symbolique. Il exprime une volonté ferme de doter notre pays d’un instrument de formation moderne », a-t-il déclaré, insistant sur le rôle central de la formation dans la consolidation de l’État de droit. « Une justice forte repose sur des acteurs solidement formés », a-t-il résumé.

Mais au-delà des ambitions, le constat est préoccupant. Le Sénégal ne compte actuellement que 530 magistrats, 472 greffiers et 439 avocats inscrits au tableau de l’Ordre, soit environ un magistrat pour 100 000 habitants. Un déficit que le chef de l’État juge « significatif », appelant à des mesures urgentes : ouverture des concours, recrutement accéléré et investissements massifs dans la formation.

Fidèle à son triptyque « Jub, Jubal, Jubanti », Bassirou Diomaye Faye a placé l’indépendance de la justice au cœur de son intervention, rappelant aux avocats leur rôle de garants des libertés et du contradictoire.

Le Président a également élargi son propos à l’échelle internationale, dressant un tableau inquiet de l’état du droit dans le monde. Entre crise du multilatéralisme et banalisation du recours à la force, il a alerté sur l’érosion des normes, tout en réaffirmant l’attachement du Sénégal au respect du droit international et au règlement pacifique des différends.

Revenant sur ses engagements, il a souligné que la réforme de la justice figurait déjà au cœur de son projet politique avant son élection, matérialisé notamment par les Assises de la Justice. « Aucun développement durable ne peut être envisagé sans une justice forte et crédible », a-t-il insisté.

Le chef de l’État a, par ailleurs, salué le rayonnement du Barreau sénégalais à l’échelle régionale, évoquant l’élection de son bâtonnier à la tête de la Conférence des Barreaux de l’espace OHADA, qu’il a qualifié de « singularité remarquable ».

Enfin, dans une ouverture sur les enjeux émergents, Bassirou Diomaye Faye a évoqué les défis juridiques liés au sport, en perspective des Jeux olympiques de la Jeunesse de Dakar 2026, appelant à une gouvernance exemplaire et à un renforcement du droit du sport au Sénégal.

Au-delà du protocole, ce discours s’impose comme une véritable feuille de route pour une justice plus crédible, accessible et en phase avec les ambitions de transformation du pays.

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