À Dakar, la cérémonie de dédicace de « Une deuxième étoile du plus bel éclat » s’est transformée en véritable plaidoyer pour la mémoire du sport sénégalais. Devant un parterre de figures médiatiques et sportives, Babacar Khalifa Ndiaye a livré les coulisses d’un ouvrage déjà perçu comme une référence.

Il y avait comme un parfum d’histoire, ce mercredi, autour de Babacar Khalifa Ndiaye à la Maison de la presse Babacar Touré. Journaliste chevronné, témoin privilégié de près de quatre décennies de sport, l’ancien chef du service sport du Soleil (1997-2017) présentait son sixième ouvrage, « Une deuxième étoile du plus bel éclat ». Un livre dense de 112 pages, structuré en 14 chapitres enrichis de trois séquences (Échauffement, Prolongations et Temps additionnel) et préfacé par Cheikh Tidiane Fall, ancien Rédacteur en chef du Soleil et ancien responsable de la communication de la FSF.
Face à une assistance mêlant journalistes, dirigeants et anciens internationaux, l’auteur a assumé l’ambition de son œuvre : « un livre pour l’histoire. L’équipe nationale est le dénominateur commun de tous les Sénégalais ». Avec émotion, il a rendu hommage à ses mentors, notamment Alioune Dramé, figure tutélaire du journalisme sportif sénégalais, tout en rappelant sa vocation première : raconter. « Je ne suis pas un écrivain, je suis journaliste. Mon rôle, c’est de faire des articles. », a-t-il insisté, revendiquant une plume forgée sur le terrain, de ses 18 CAN.
« Le titre reste le nôtre vu la manière dont on l’a acquis »
Mais au-delà du récit sportif, l’ouvrage s’inscrit dans un contexte particulier, marqué par les remous post-CAN et la décision controversée du Jury d’appel de la CAF. Cheikh Tidiane Fall a évoqué « un braquage administratif », contraignant à remanier l’ouvrage jusqu’à ses dernières pages. Une tension narrative qui confère au livre une dimension quasi documentaire. Babacar Khalifa Ndiaye n’a d’ailleurs pas manqué d’envoyer un tacle à la CAF. « Le Jury d’appel, avec son verdict bizarroïde, a contribué à faire écrire ce « livre pour l’histoire », qui est une œuvre collective. On a vécu une compétition exceptionnelle, qui se poursuit malheureusement dans les tribunaux. Mais le titre reste le nôtre vu la manière dont on l’a acquis. A part la RDC qui nous a tenu tête, personne n’est arrivée au niveau du Sénégal », a indiqué celui qui a également couvert 7 Coupes du monde.
Président de l’ANPS, Abdoulaye Thiam a salué « un travail sorti des sentiers battus », mettant en avant la diversité des voix convoquées : journalistes dont Marceline Ba de Galaxy Tv, membres de la diaspora, artistes ou anonymes. Une richesse qui reflète l’onde de choc populaire provoquée par le sacre des Lions. Même tonalité chez Dr Mamadou Koumé, pour qui Khalifa Ndiaye poursuit « une œuvre de mémoire et de transmission », essentielle à l’histoire du football sénégalais.
Dans cette fresque collective, les héros du terrain ne sont pas oubliés. Du « mur de Dakar » Edouard Mendy à Idrissa Gana Gueye, en passant par Krépin Diatta ou Pape Gueye, tous participent à la narration d’une épopée maîtrisée, incarnée par le sélectionneur Pape Thiaw, dont le leadership est unanimement salué.
Au fil des témoignages, une certitude s’impose : ce livre dépasse le simple récit d’un sacre. Il en fixe les contours émotionnels, politiques et symboliques. Comme un rempart contre l’oubli. Babacar Khalifa Ndiaye n’a pas seulement dédicacé un ouvrage, il a inscrit, à l’encre vive, une page indélébile du sport sénégalais.–
Lamine Mandiang DIEDHIOU



