Le bras de fer prend une tournure explosive. Réuni face à la presse à Paris, le camp sénégalais franchit un cap en évoquant, pour la première fois de manière ouverte, des soupçons de corruption autour de la décision du jury d’appel de la CAF. Une sortie offensive portée par Me Seydou Diagne, qui fait désormais basculer l’affaire sur le terrain pénal et international.

D’emblée, l’avocat conteste vigoureusement la validité de la décision querellée, qu’il juge en rupture totale avec les principes fondamentaux du droit. Selon lui, lorsque qu’une décision « défie toutes les règles de procédure, d’éthique et les lois du jeu », elle cesse d’être juridiquement défendable et appelle à une remise en cause profonde.
Mais au-delà de la critique juridique, Me Diagne alerte sur un enjeu institutionnel majeur. Il estime que cette affaire porte atteinte à la crédibilité même des instances sportives, notamment de la Confédération africaine de football. Une situation qui, selon lui, justifie pleinement l’ouverture d’investigations approfondies.
Le ton se durcit davantage lorsqu’il évoque l’existence d’indices jugés préoccupants. Le Sénégal, à travers son État, sa Fédération et ses supporters, disposerait d’éléments suffisamment sérieux pour envisager des procédures pénales, tant au niveau national qu’international. Une accusation lourde, qui marque un tournant stratégique dans la gestion du dossier.
Dans cette dynamique, une riposte judiciaire d’envergure est déjà en préparation. Me Diagne annonce la mise en place de deux équipes internationales, dont un pool spécialisé dans la lutte contre la corruption, visant directement les membres du jury d’appel impliqués dans la décision contestée.
La procédure est d’ailleurs en phase avancée. Selon l’avocat, une plainte est déjà rédigée, avec des juridictions identifiées à l’étranger, notamment aux États-Unis. Une stratégie qui témoigne de la volonté du Sénégal d’élargir le champ de la bataille bien au-delà du cadre sportif.
Cette orientation est renforcée par la présence de Me Pierre-Olivier Sur, spécialiste reconnu des procédures pénales internationales, dont l’expertise vient consolider l’arsenal juridique sénégalais.
Pour autant, Me Diagne se montre prudent sur les responsabilités extérieures. Il précise qu’aucune accusation formelle n’est, à ce stade, portée contre le Maroc, tout en évoquant des « suspicions légitimes » susceptibles de donner lieu à des enquêtes.
Une réunion stratégique est d’ailleurs prévue pour structurer la suite des actions, notamment autour des allégations de corruption évoquées.
Avec cette nouvelle offensive, le Sénégal ne se limite plus à un recours devant le Tribunal arbitral du sport. Le dossier s’internationalise et s’inscrit désormais dans une dynamique judiciaire plus large, où des poursuites pénales pourraient redéfinir les contours de cette affaire aux répercussions majeures.



