Nouveau rebondissement dans l’affaire dite « Tabaski Ngom », du nom de l’ancienne comptable mise en cause dans un scandale financier impliquant plusieurs centaines de millions de francs CFA. Le président du Collège des juges d’instruction, chargé du dossier, s’est déclaré incompétent pour juger Moustapha Diop, ancien ministre et député, estimant que seule la Haute Cour de Justice est habilitée à le poursuivre.

Cette décision relance le débat judiciaire autour de la compétence des juridictions ordinaires face aux anciens membres du gouvernement. Le président du Collège des juges fonde sa position sur le statut particulier de Moustapha Diop, relevant que les faits reprochés doivent être portés devant la Haute Cour, comme le prévoit la Constitution pour les ministres en fonction au moment des faits incriminés.
Un dossier déjà épineux
L’affaire avait initialement éclaté autour de 766 millions de FCFA, dont une partie aurait été remise à Moustapha Diop, selon les déclarations de l’ancienne comptable Tabaski Ngom, tour à tour employée à l’Agence d’Aménagement et de Promotion des Sites industriels (APROSI) puis à la Commission de Régulation du Secteur de l’Énergie (CRSE).
Moustapha Diop, alors député, avait vu son immunité parlementaire levée avant que le parquet financier ne requière son inculpation et son placement sous mandat de dépôt.
Cependant, dans un autre dossier (celui des fonds Covid) c’est bien la Haute Cour de Justice, par l’intermédiaire de sa Commission d’instruction, qui l’a envoyé en prison. Ce précédent renforce aujourd’hui l’argument du juge d’instruction selon lequel la justice ordinaire n’est pas compétente dans cette nouvelle affaire.
Un appel du parquet financier
Cette position n’est toutefois pas partagée par le parquet financier, qui a fait appel de la décision du président du Collège des juges. La Chambre d’accusation a été saisie, mais l’audience prévue hier, mercredi, a été renvoyée au 30 juillet 2025.
Une accusée déjà incarcérée
Quant à Tabaski Ngom, elle est inculpée et placée sous mandat de dépôt depuis le 23 janvier 2025, pour des faits graves :
- Association de malfaiteurs
- Blanchiment de capitaux
- Détournement de deniers publics
- Accès frauduleux dans un système informatique
- Entrave à un système informatique
Ce dossier, où finances publiques, technologie et politique s’entremêlent, s’annonce comme l’un des plus emblématiques du début de mandat du président Diomaye Faye. La décision de la Chambre d’accusation, attendue fin juillet, sera déterminante pour la suite de la procédure.



