Invité de l’émission Salam Sénégal ce dimanche 20 juillet 2025, le politologue Alassane Bèye, enseignant-chercheur en sciences politiques à l’Université Gaston Berger de Saint-Louis, a exprimé de vives préoccupations face aux récentes déclarations de certains responsables de PASTEF, évoquant l’idée d’un « État pastefien ». Pour le spécialiste, ces propos marquent une dérive autoritaire et constituent une menace sérieuse pour la démocratie sénégalaise.

« La communication actuelle de certains membres du gouvernement me fait peur », a-t-il affirmé, dénonçant une rhétorique proche de celle des régimes totalitaires : « Le concept de parti-État est typique des systèmes autoritaires. Le brandir dans une démocratie comme la nôtre est une grave erreur stratégique et institutionnelle. »
Selon Alassane Bèye, il est normal qu’un pouvoir élu veuille s’entourer de personnes partageant sa vision dans les ministères de souveraineté ou les hautes sphères de décision, mais il insiste sur la nécessité absolue de préserver la neutralité des institutions clés comme l’administration publique et la justice :
« Le Sénégal a bâti, au fil du temps, une tradition républicaine forte autour de l’impartialité administrative. Politiser ces structures reviendrait à affaiblir l’État de droit et à miner la confiance des citoyens. »
Le chercheur appelle ainsi les dirigeants de PASTEF à la retenue sémantique, mais surtout à la cohérence avec leur engagement démocratique initial, rappelant que « la démocratie ne se mesure pas seulement par des élections libres, mais aussi par la séparation effective des pouvoirs et le respect des contre-pouvoirs. »



