À trois mois de la Coupe du monde, le Sénégal aborde deux amicaux décisifs face au Pérou et à la Gambie. Entre statuts à confirmer et places à arracher, plusieurs Lions jouent déjà leur billet pour l’Amérique dans une concurrence de plus en plus féroce.
La liste de mars n’est jamais anodine dans une année de Coupe du monde. Elle ne livre pas tous ses secrets, mais elle en suggère les contours.
À l’heure d’affronter le Pérou, ce samedi au Stade de France, puis la Gambie, le 31 mars à Diamniadio, le groupe sénégalais ressemble déjà à une esquisse avancée de la sélection qui s’envolera pour les États-Unis.
Si une large ossature semble figée, quelques zones d’ombre persistent. Et pour certains, ces deux rendez-vous amicaux ressemblent à une audition grandeur nature devant Pape Thiaw.Dans les buts, le débat est quasi inexistant. Édouard Mendy reste indiscutable numéro un. Derrière lui, Mory Diaw et Yehvann Diouf complètent la hiérarchie, avec un léger avantage pour le premier dans la course au rôle de doublure.
Duel entre Abdoulaye Seck et Nobel Mendy
C’est dans l’axe que les lignes bougent. Si Kalidou Koulibaly, Moussa Niakhaté et Mamadou Sarr semblent intouchables, le quatrième strapontin reste disputé.Abdoulaye Seck, convoqué malgré une période d’inactivité d’un mois à cause de l’arrêt championnat israélien, voit revenir dans son rétroviseur Nobel Mendy.
Gaucher, mobile, en pleine progression, le joueur du Rayo Vallecano possède un profil rare susceptible de séduire le staff, en plus de sa jeunesse (21 ans). Mais pour inverser la tendance, il devra frapper fort et vite.
Au milieu, la hiérarchie est plus stable. Les six retenus semblent déjà avoir validé leur billet, mais certains ont des points à regagner. Lamine Camara et Pape Matar Sarr, notamment, auront à cœur d’effacer des performances en demi-teinte lors de la dernière CAN pour se repositionner dans l’ordre des priorités.
Embouteillage et pression maximale en attaque
C’est devant que la concurrence atteint son paroxysme. L’absence de Sadio Mané redistribue temporairement les cartes, mais rend surtout l’équation plus exigeante.Freiné par les blessures, Assane Diao joue déjà une partie de son avenir international.
Avec seulement deux sélections, il doit rattraper le temps perdu face à une concurrence accrue, incarnée notamment par l’émergence d’Ibrahim Mbaye. Le joueur de Cômo, qui s’est montré particulièrement en jambes depuis son retour de blessure, aura une carte à jouer avec notamment sa capacité de jouer aussi bien sur les côtés que dans l’axe.Nouvelle tête, Mamadou Diakhon (20 ans) représente l’inconnue séduisante.
Pour sa première dans la Taniére des Lions, le sociétaire de Bruges sera attendu pour marquer des points comme l’avait réussi Ibrahim Mbaye en novembre dernier. Technique, explosif, il a une fenêtre rare pour marquer les esprits et s’inviter dans la rotation offensive.
Le retour de Bamba Dieng ajoute encore à la densité. En pleine résurrection à Lorient avec 12 buts en 18 matchs, le joueur formé par Diambars retrouve le groupe après deux ans d’absence. Bamba ne viendra pas en villégiatures d’autant plus qu’il a l’opportunité de se positionner comme un back-up à Nicolas Jackson à la pointe de l’attaque sénégalaise. Champion d’Afrique et déjà buteur en Coupe du monde, il apporte une expérience précieuse et un profil axial différent.
Dans son sillage, Boulaye Dia (37 sélections, 6 buts et une passe décisive), Habib Diallo (39 sélections, 9 buts et 6 passes décisives) et Cherif Ndiaye (15 sélections, 4 buts) jouent également gros. Tous installés, mais aucun intouchable et qui tire son épingle du jeu aussi bien en sélection qu’en club. Car certaines places sont déjà verrouillées. Ismaïla Sarr, Iliman Ndiaye, Nicolas Jackson, voire Ibrahim Mbaye, semblent avoir pris une longueur d’avance.
Deux matchs, des destins en jeu
Plus que de simples amicaux, ces confrontations face au Pérou et à la Gambie sont des révélateurs. Dans un groupe où près des deux tiers semblent déjà définis, les marges se réduisent.À ce stade de la saison, il ne s’agit plus seulement d’être bon. Il faut être décisif, marquant, indispensable. Car pour certains Lions, le rêve américain commence maintenant et pourrait bien s’arrêter dès mardi soir.
Lamine Mandiang Diédhiou



