Audit explosif : un vaste système de détournement révélé au ministère des Télécommunications


Un audit commandité par l’Arcop et réalisé par le cabinet Grant Thornton met à nu une gestion financière chaotique au ministère de la Communication, des Télécommunications et de l’Économie numérique. Le rapport révèle une série d’irrégularités graves trucage d’offres, surfacturations, fraudes et collusions pour des montants se chiffrant en milliards de FCFA.

L’année 2023 aura été celle de tous les excès au ministère de la Communication, des Télécommunications et de l’Économie numérique. Un audit réalisé par le cabinet Grant Thornton, à la demande de l’Autorité de Régulation des Marchés Publics (Arcop), révèle une gestion catastrophique marquée par un système organisé de fraude et de détournement de fonds publics.

Selon le rapport, six marchés publics présentent des anomalies graves pour un montant global de plusieurs milliards de FCFA. Les auditeurs décrivent une mécanique de trucage d’offres soigneusement orchestrée : des soumissionnaires censés être concurrents présentaient les mêmes fautes d’orthographe et les mêmes numéros de proforma. Exemple frappant : dans le marché relatif à l’élaboration des textes juridiques de l’E-Gouv, les quatre soumissionnaires ont tous écrit “E-Gow” au lieu de “E-Gov” et utilisé le même numéro de document.

La surfacturation est tout aussi flagrante. Des outils de base sont facturés à des prix exorbitants : 148 000 FCFA pour une visseuse, 12 000 FCFA pour un marteau, 4 500 FCFA pour un pack d’eau valant à peine 1 800 FCFA sur le marché. Les auditeurs dénoncent une “exagération manifeste” des prix unitaires et un mépris total des normes économiques.

L’audit met également en lumière des marchés attribués à des entreprises sans lien avec les prestations demandées : une société de commerce général recrutée pour organiser des visites professionnelles, et une librairie chargée de former des cadres en management des TIC.

Les travaux de réhabilitation du ministère ont, eux aussi, été attribués sans cahier des charges ni spécifications techniques. Des convocations de commissions antidatées, des appels d’offres fractionnés illégalement et des fautes identiques dans des documents distincts confirment une collusion généralisée.

Face à ces révélations, l’Arcop dispose d’éléments suffisants pour envisager des poursuites judiciaires pour détournement, corruption et entente illicite. Contacté par nos confrères du journal Libération, le ministère n’a donné aucune réponse aux sollicitations.

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