Dans une tribune publiée ce mardi 10 mars 2026, Bougar Diouf, président de l’Union des Panafricanistes Sénégalais (UPS) et de la Coalition pour la Défense des Valeurs et des Fondamentaux Républicains (C2SR), revient sur ce qu’il considère comme une confusion dans le débat politique actuel : l’assimilation de la nouvelle coalition conduite par Aminata Touré à la véritable coalition Diomaye Président.

Un héritage politique issu de la coalition Sonko Président
Pour Bougar Diouf, il est essentiel de rappeler l’histoire politique qui a conduit à l’élection du président Bassirou Diomaye Faye. Selon lui, la coalition Diomaye Président est d’abord le prolongement direct de la dynamique née autour de la coalition Sonko Président 2019, puis renforcée avec Sonko Président 2024.
Lorsque les circonstances politiques et judiciaires ont rendu impossible la candidature d’Ousmane Sonko à l’élection présidentielle de 2024, celle de Bassirou Diomaye Faye a été déposée en substitution. Cette continuité militante, organisationnelle et idéologique a permis, selon Bougar Diouf, de maintenir la mobilisation et de conduire à la victoire.
Il tient également à corriger certaines affirmations circulant dans l’espace public : au lendemain de la victoire électorale, la coalition comptait 153 leaders, et non 200 comme certains le soutiennent aujourd’hui.
Dans cette perspective, Bougar Diouf estime que la coalition Diomaye Président, dirigée par Aïda Mbodj, demeure à ses yeux « plus fidèle à l’esprit originel du combat politique » ayant conduit à l’alternance.
Une coalition structurée autour d’Aminata Touré
L’auteur de la tribune s’interroge toutefois sur la nature de la nouvelle coalition portée par l’ancienne Première ministre Aminata Touré. Selon lui, sa configuration politique laisse apparaître une contradiction majeure.
« Elle ressemble davantage à une coalition construite autour de Mimi qu’à une coalition véritablement structurée autour du Président Diomaye », affirme-t-il.
Pour étayer cette analyse, Bougar Diouf souligne l’absence dans cette nouvelle configuration de plusieurs mouvements qui s’étaient mobilisés activement pour Bassirou Diomaye Faye durant la période où ce dernier était incarcéré. Il cite notamment les mouvements AND DOLEL Bassirou Diomaye Faye 2022-2024, Salma Koor Diomaye et Les Sentinelles de Diomaye, qui ne figurent pas dans cette nouvelle architecture politique.
Selon lui, leur mise à l’écart traduit la volonté de structurer la coalition autour d’un autre centre de gravité politique.
Le risque d’une « coalition dans la coalition »
Bougar Diouf attire également l’attention sur la sociologie politique des responsables qui composent la coalition autour d’Aminata Touré. Il rappelle que nombre de maires et de responsables locaux qui y figurent ont longtemps évolué au sein de l’Alliance pour la République (APR) aux côtés de l’ancienne cheffe du gouvernement.
À ses yeux, ce réseau politique demeure fortement structuré autour de la figure d’Aminata Touré plutôt qu’autour du président de la République.
Il met ainsi en garde contre un risque politique : celui de voir émerger, au sein même de la majorité, une forme de « coalition dans la coalition », susceptible de fragiliser l’équilibre politique en cas de divergences stratégiques.
« Le Président Diomaye a aujourd’hui probablement plus de sympathisants au sein de Pastef que dans cette coalition new look. Et le moment venu, cela se verra clairement », soutient-il.
Un appel à renouer avec les compagnons de lutte
En conclusion de sa tribune, Bougar Diouf appelle le président Bassirou Diomaye Faye à renouer le dialogue avec ceux qu’il considère comme ses compagnons de lutte historiques : les militants et responsables qui se sont engagés à ses côtés dans les moments les plus difficiles.
Pour lui, certains acteurs politiques auraient davantage travaillé à préparer leurs propres ambitions qu’à soutenir le combat collectif.
« Si le projet politique d’Aminata Touré avait abouti comme elle l’espérait, elle n’aurait pas été présidente d’une coalition, mais présidente de la République », analyse-t-il.
Avant de conclure par un rappel de principe :
« L’histoire politique d’un combat ne peut pas être réécrite. Et la loyauté dans l’engagement reste une valeur fondamentale. »
Bougar Diouf
Président de l’Union des Panafricanistes Sénégalais (UPS)
Coalition pour la Défense des Valeurs et des Fondamentaux Républicains (C2SR)



