CAN 2025 : Claude Le Roy défend les Lions après une finale électrique à Rabat


Sacré champion d’Afrique au terme d’une finale totalement folle face au Maroc, le Sénégal se retrouve pourtant au cœur d’une vive polémique. En cause : le comportement des Lions de la Teranga dans les dernières minutes de la finale de la CAN 2025, disputée dimanche au stade Prince Moulay Abdallah de Rabat. Critiqué par une partie du public marocain, mais aussi par certaines instances, le Sénégal a toutefois reçu un soutien de poids. Ce mardi, Claude Le Roy est monté au créneau pour défendre les champions d’Afrique, refusant toute condamnation hâtive.

Tout avait pourtant commencé sous les meilleurs auspices. Durant 90 minutes, Sénégal et Maroc se sont livrés une bataille intense, engagée mais globalement maîtrisée, sans controverse majeure. Mais le scénario a basculé dans l’irréel au cours du temps additionnel. D’abord avec un but sénégalais refusé pour une faute jugée inexistante de Seck sur Hakimi, puis avec un penalty accordé au Maroc pour une faute de Diouf sur Brahim Diaz. Une décision qui a mis le feu aux poudres.

Dans un climat devenu irrespirable, des supporters sénégalais ont tenté d’envahir la pelouse tandis que les joueurs, sous l’impulsion de leur sélectionneur Pape Thiaw, ont brièvement regagné les vestiaires pour marquer leur incompréhension. Une séquence qui a valu au Sénégal de lourdes critiques, certains dénonçant un comportement « anti-sportif ».

Ironie du sort, cette finale sous très haute tension s’est finalement conclue par un immense bonheur côté sénégalais. Après un penalty manqué de manière spectaculaire par Brahim Diaz, Pape Gueye a délivré tout un peuple grâce à une frappe exceptionnelle, offrant au Sénégal un nouveau sacre continental. Mais la joie du titre n’a pas suffi à faire taire les polémiques, la CAF et la FIFA observant de près les événements survenus après le penalty accordé au Maroc.

Présent au bord de la pelouse pour tenter de calmer les esprits et convaincre Sadio Mané de rappeler ses coéquipiers, Claude Le Roy a livré son analyse ce mardi dans les colonnes du Figaro. Fidèle à sa réputation, le « Sorcier blanc » a tenu à replacer les faits dans leur contexte.

Claude Le Roy : « Une finale, c’est l’émotion à l’état pur »

Interrogé sur la décision de Pape Thiaw de faire rentrer ses joueurs aux vestiaires, l’ancien sélectionneur s’est montré mesuré et compréhensif.

« Je n’aime pas porter de jugement de valeur. Pape a bien mené sa barque, mais il a eu un moment d’égarement. Il l’a reconnu et s’en est excusé. Dans le football, même les grands entraîneurs peuvent perdre les pédales. Un coach n’est pas une machine sans émotion », a-t-il expliqué, tout en soulignant que le staff aurait pu l’aider à prendre du recul.

Pour Claude Le Roy, l’erreur ne peut être dissociée de la charge émotionnelle extrême d’une finale de Coupe d’Afrique. « Une finale se joue sur l’émotion, sur des vibrations personnelles. À un moment, il n’y avait plus rien de rationnel, mais c’est aussi ça le football », a-t-il insisté, appelant à éviter toute stigmatisation excessive du Sénégal.

Un plaidoyer plus large pour le football africain

Au-delà du simple cas sénégalais, Claude Le Roy a élargi le débat en dénonçant les dérives politiques et économiques du football mondial. Dans une tirade engagée, il est même allé jusqu’à évoquer l’idée d’un boycott de la Coupe du monde 2026, organisée aux États-Unis, au Canada et au Mexique.

« Le football, c’est la vie. Ce n’est pas Gianni Infantino, fier d’être aux côtés de Donald Trump, qui va défendre l’Afrique alors que ce dernier détruit le continent en coupant les ONG. Les dirigeants du football ne parlent plus de jeu, mais uniquement d’argent », a-t-il lancé, amer, révélant également avoir été privé de parole lors d’une conférence de presse de la CAF.

Par ses propos, Claude Le Roy défend une vision : celle d’un football africain digne, respecté et humain. Et face aux critiques visant le Sénégal après cette finale historique, il estime que le sacre des Lions de la Teranga ne doit pas être terni par des sanctions ou des jugements disproportionnés, au nom de l’émotion et de l’intensité qui font l’essence même du football.

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