C’est une publication Facebook du député Guy Marius Sagna qui a mis le feu aux poudres ce jeudi, réagissant avec virulence à des informations émanant de Brazzaville. Selon les médias congolais et la page officielle de la présidence de la République du Congo, les chefs d’État Bassirou Diomaye Faye et Denis Sassou Nguesso auraient évoqué lors d’un entretien téléphonique une possible candidature de l’ancien président Macky Sall à un poste aux Nations unies.

La charge frontale du député contestataire
Sans attendre de confirmation officielle de Dakar, le parlementaire, figure emblématique de l’opposition radicale, a dégainé sur les réseaux sociaux. Dans un post partagé plusieurs milliers de fois en quelques heures, Guy Marius Sagna (GMS) a rejeté avec une colère froide cette éventualité, la qualifiant d’ »impensable » et de « trahison suprême ».
« Le Sénégal ne peut pas soutenir la candidature de quelqu’un qui a encouragé l’assassinat de près de 100 Sénégalais et l’emprisonnement de milliers de détenus politiques », a-t-il écrit, faisant directement référence aux morts et aux arrestations survenus durant les tensions politiques des dernières années du régime Sall. Pour le député, une telle promotion internationale serait « pire qu’une trahison à nos martyrs » et enverrait « un mauvais signal à tous les dictateurs ».
Une réaction qui ravive les mémoires et les clivages
La publication de Sagna ne se contente pas de critiquer une hypothèse diplomatique ; elle replace au cœur du débat public la question mémorielle et judiciaire du traitement des événements passés. En utilisant des termes comme « martyrs » et « détenus politiques », il s’adresse directement à la base militante et aux familles des victimes, réactivant un clivage politique encore vif.
Son message se veut aussi une alerte adressée au président Bassirou Diomaye Faye, issu d’une mouvance d’opposition, et une pierre dans le jardin du partenaire congolais, souvent critiqué par les ONG pour son bilan en matière de droits humains. « Un coup de massue aux peuples qui se battent pour leurs libertés », conclut-il, donnant une dimension panafricaine à sa protestation.
Un test pour la communication de l’État
Cette sortie médiatique force désormais la présidence sénégalaise à se positionner publiquement. Elle doit soit démentir formellement les informations de Brazzaville, soit clarifier sa position sur un sujet devenu explosif. Le silence serait interprété comme une validation des rumeurs et attiserait la controverse.
L’affaire dépasse la simple rumeur de couloir. Elle teste la capacité du pouvoir actuel à gérer l’héritage politique récent tout en menant sa diplomatie. La réaction de Guy Marius Sagna, amplifiée par les réseaux sociaux, montre que toute initiative perçue comme une réhabilitation de l’ancien régime rencontrera une opposition farouche et mobilisatrice. La balle est désormais dans le camp du Palais.



