Le député Guy Marius Sagna relance avec force le débat sur la réforme constitutionnelle au Sénégal. Dans une déclaration publiée sur sa page Facebook, l’élu affirme que la victoire à l’élection présidentielle de 2024 n’a en rien modifié sa lecture critique du régime politique sénégalais, qu’il qualifie toujours de fondamentalement néocolonial.

Pour Guy Marius Sagna, le problème n’est pas la personne qui occupe le pouvoir, mais bien l’architecture même de l’État. Il dénonce une Constitution marquée par un présidentialisme excessif, héritage selon lui du système colonial, qui concentre l’essentiel des pouvoirs entre les mains d’un seul homme : le Président de la République.
« Les impérialistes et les bourgeoisies bureaucratiques préfèrent les néocolonies présidentielles, car il est plus facile de contrôler un pays à travers un être humain que par une Assemblée de 165 députés », affirme-t-il.
Dans cette logique, le parlementaire estime que l’alternance politique, aussi importante soit-elle, ne suffit pas à transformer en profondeur les mécanismes de domination. Il soutient ainsi qu’il ne faut pas simplement réviser la Constitution, mais plutôt en élaborer une nouvelle, issue d’une rupture claire avec l’ordre institutionnel hérité de la colonisation.
« C’est la raison pour laquelle je continue de défendre l’idée de changer de Constitution et non de changer la Constitution », insiste-t-il.
Cette sortie intervient dans un contexte politique particulier, marqué par l’accession au pouvoir d’un nouveau régime en 2024, porteur de nombreux espoirs de rupture systémique. Toutefois, pour Guy Marius Sagna, sans une refondation profonde des institutions, le risque demeure de perpétuer les mêmes logiques de gouvernance.
Le débat sur la réforme constitutionnelle revient ainsi au cœur de l’actualité politique nationale, posant à nouveau la question du type d’État que souhaitent construire les Sénégalais : un État hyperprésidentialiste ou un système davantage équilibré, fondé sur une réelle séparation des pouvoirs.



