Crise à l’UCAD : médiation d’Oumar Pène et mise en garde de la Génération 88


La crise qui secoue l’Université Cheikh Anta Diop de Dakar (UCAD) a connu un tournant décisif ce lundi, entre médiation culturelle et alerte d’anciens leaders étudiants. Alors que la grève paralyse le campus depuis plusieurs jours, l’artiste Oumar Pène et la Génération 88 (G88) se sont engagés dans deux démarches distinctes mais complémentaires pour tenter de désamorcer un conflit qui menace l’année académique 2025-2026.

En visioconférence depuis l’étranger, Oumar Pène a longuement échangé avec les représentants des amicales de l’UCAD. Pendant 45 minutes, les étudiants ont exposé des revendications qu’ils jugent urgentes : 14 mois d’arriérés pour les bourses de Master 2, des bourses suspendues, mais aussi un climat de tension alimenté par la présence accrue des forces de l’ordre dans le campus.

Le chanteur a salué « la clarté et la légitimité » des doléances, tout en appelant les étudiants à maintenir une mobilisation non violente. Il s’est engagé à porter leurs préoccupations auprès des autorités dès son retour à Dakar la semaine prochaine et a annoncé vouloir rencontrer également les étudiants des universités de Saint-Louis, Bambey, Ziguinchor et Thiès, où la grogne monte également.

Au même moment, la Génération 88, regroupant d’anciens dirigeants du mouvement étudiant des années 80 et 90, a publié une analyse sévère de la situation. Selon elle, les affrontements récurrents sur le campus sont le symptôme d’un malaise profond, nourri par des failles structurelles : dysfonctionnements du système LMD, sous-équipement chronique, surpopulation, manque de débouchés, retard dans la sécurisation du campus et disparition progressive de la culture du dialogue.
Pour la G88, les revendications liées aux bourses sont « légitimes » et doivent être traitées sans délai. Elle appelle au paiement immédiat des arriérés, à l’arrêt des affrontements, à un dialogue franc entre étudiants et autorités, ainsi qu’à la création d’une Cellule Nationale d’Anticipation chargée de prévenir durablement les crises universitaires. Le regroupement préconise aussi un renforcement global de l’université, notamment en matière d’infrastructures, de recrutements et de régularité des bourses, ainsi que la mise en place d’une Mutuelle des Étudiants.

Face à l’escalade, Oumar Pène reste optimiste : « Nous avons toujours su trouver des issues positives », a-t-il déclaré, plaidant pour que l’Université demeure un espace de savoir plutôt qu’un terrain de confrontation.

Entre médiation citoyenne et interpellation d’anciens leaders étudiants, l’espoir d’un compromis grandit. Mais seule une réponse rapide et concertée des autorités permettra d’éviter l’enlisement et de garantir la reprise normale des enseignements dans les prochains jours.

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