La trêve internationale de mars a révélé un nouveau front inattendu entre les supporters marocains et leurs joueurs : le « like gate ».

Quelques semaines après la polémique du verdict de la CAN 2025, Ismael Saibari, Oussama Targhalline, Chadi Riad, Yacine Kechta et Eliesse Ben Seghir se sont retrouvés au cœur d’une tempête numérique pour avoir apprécié des publications Instagram célébrant le sacre du Sénégal.
Si le football se joue sur le terrain, les réseaux sociaux, eux, dictent désormais leur propre loi. Les likes innocents de ces jeunes internationaux, souvent dirigés vers des amis ou anciens coéquipiers, ont été interprétés comme une trahison par une partie du public marocain.
Lors du match contre le Paraguay, des sifflets ont accueilli certains joueurs, illustrant l’impact immédiat de l’erreur digitale.Tous ont rapidement réagi, mesurant la portée de leurs gestes.
Saibari a présenté des excuses publiques : « J’ai liké une publication sur Instagram sans m’en rendre compte. Je comprends les réactions que cela a suscitées, mais cela ne remet en aucun cas en cause mon amour et mon dévouement pour le Maroc », a-t-il expliqué, dénonçant les insultes visant sa famille.
Targhalline a rejoint la démarche : « Quand on commet une erreur, on doit en accepter les conséquences. J’ai mis un “like” sans mauvaise intention. Je comprends la colère du public marocain et je présente mes excuses ».
Même tonalité pour Ben Seghir, qui a précisé son geste : « Il s’agissait d’un réflexe, presque automatique, envers une personne que je connais très bien. Dès que je m’en suis rendu compte, j’ai immédiatement supprimé ce like. Je tiens à rappeler que je suis avant tout marocain. J’aime profondément mon pays et je suis fier de représenter la sélection nationale ».
Yassine Kechta, non sélectionné pour ce rassemblement, n’a pas été en reste. « Désolé… Je comprends la déception que cela a pu provoquer. Un like sans arrière-pensée. Jamais un manque de respect. Le Maroc à jamais ».
Ces excuses en cascade révèlent quelque chose de plus profond que l’anecdote. Cette affaire illustre à quel point la frontière entre vie privée et vie publique des joueurs est devenue ténue. Un simple geste anodin sur les réseaux sociaux peut désormais se transformer en incident médiatique, avec des répercussions sur le moral et la relation avec le public.
Pour le Maroc, c’est un rappel brutal. Dans un contexte de tension post-CAN, chaque interaction numérique compte et peut déclencher une tempête.
Lamine Mandiang Diédhiou



