Lors de la séance de questions d’actualité de ce vendredi à l’Assemblée nationale, le Premier ministre Ousmane Sonko a livré de graves révélations sur la gestion de la dette publique sous l’ancien régime. Devant les députés, il a affirmé que le gouvernement a mis au jour un compte bancaire par lequel plus de 1 300 milliards de FCFA ont transité, en dehors de tout dispositif de contrôle.

Selon Ousmane Sonko, ce compte n’était soumis ni aux mécanismes classiques de supervision du Trésor public ni aux circuits budgétaires formels. Cette situation pose, d’après lui, un sérieux problème de traçabilité des flux financiers liés à la dette et interroge la sincérité des chiffres présentés jusqu’ici aux parlementaires et aux partenaires techniques et financiers.
Cette révélation intervient alors que l’Exécutif est interpellé sur l’ampleur de la dette, la structure de son service et les engagements contractés par l’État ces dernières années. Plusieurs députés demandent des éclaircissements sur les charges héritées de l’ancienne équipe gouvernementale, les conditions d’emprunt et l’utilisation réelle des fonds mobilisés au nom du peuple sénégalais.
Pour le Premier ministre, cette affaire illustre la nécessité d’un changement profond dans la gouvernance financière. Il plaide pour une transparence totale, la centralisation de toutes les opérations liées à la dette publique et la mise en place de mécanismes de contrôle renforcés, associant la Cour des comptes, l’Inspection générale d’État et le Parlement.
Ousmane Sonko a enfin annoncé que des audits approfondis sont en cours sur l’ensemble des instruments de financement de l’État, avec, à la clé, la promesse de rendre publiques les conclusions et, le cas échéant, de saisir la justice pour situer toutes les responsabilités.



