La remise en cause du résultat de la finale de la CAN 2025 par une décision administrative de la Confédération africaine de football suscite un débat d’une rare intensité. Pour Dr Mohamed Ghandour, cette situation constitue un précédent préoccupant, susceptible d’ébranler durablement les fondements juridiques et sportifs du football continental.

Alors que le Sénégal, sacré sur le terrain en janvier, se voit aujourd’hui confronté à une décision modifiant le score de la finale, la tension ne cesse de monter. Au-delà de l’émotion et de la colère, c’est désormais sur le terrain du droit que se joue une bataille décisive pour la crédibilité des compétitions africaines.
La primauté de la vérité du terrain
Le football repose sur un principe fondamental : la « vérité du terrain ». Une fois le coup de sifflet final donné, le protocole achevé et le trophée remis, le résultat est, en principe, intangible. Revenir plusieurs semaines plus tard sur un score acquis (1-0) pour le transformer administrativement en (0-3) constitue une rupture majeure avec cette règle, fragilisant la sécurité juridique du sport.
L’autorité de l’arbitre en question
Selon les principes établis par l’International Football Association Board et la jurisprudence du Tribunal arbitral du sport, l’arbitre demeure le seul maître du jeu. Même en cas d’incident, notamment un refus temporaire de jouer, sa décision de faire reprendre et d’achever la rencontre confère une validité pleine au résultat final.
Dans ce contexte, une intervention a posteriori de la CAF pour disqualifier le vainqueur ouvre une brèche dangereuse : elle pourrait transformer les instances administratives en arbitres secondaires, capables de réécrire les résultats après coup — une forme de « VAR administrative » sans limite.
Le TAS, ultime recours pour trancher
Face à cette situation, le Sénégal a choisi de porter le combat devant le Tribunal arbitral du sport, basé à Lausanne. Une démarche qui s’inscrit dans le respect des mécanismes internationaux de règlement des litiges sportifs.
La jurisprudence en la matière est constante : lorsqu’un match est allé à son terme, une éventuelle infraction ne doit pas conduire à une modification du score, mais plutôt à des sanctions disciplinaires ou financières. Le TAS apparaît ainsi comme le garant d’un équilibre entre justice sportive et respect des règles établies.
Un enjeu qui dépasse le Sénégal
Au-delà de la défense d’un titre, c’est l’intégrité même des compétitions africaines qui est en jeu. Pour Dr Ghandour, le Sénégal incarne ici un combat plus large : celui du respect des principes universels du sport.
En s’appuyant sur le droit plutôt que sur la rupture, le football sénégalais pourrait transformer cette crise en opportunité, en réaffirmant son attachement aux règles et à l’éthique internationale.
Dans cette affaire, une conviction s’impose : un trophée se gagne sur le terrain, dans l’effort et la performance, et non dans les bureaux. Toute remise en cause de ce principe pourrait durablement fragiliser la crédibilité du football africain.




