Alors que le mouvement de grève des travailleurs de la justice continue de paralyser le fonctionnement normal des juridictions sénégalaises, le ministre de la Justice, Ousmane Diagne, a réagi en adressant une circulaire urgente aux chefs de parquets et de juridictions. Objectif : garantir la continuité du service public de la justice, malgré le contexte social tendu.

« Il importe de prendre toutes les dispositions nécessaires pour garantir, autant que possible, la continuité du service public de la Justice, qui constitue un pilier fondamental de l’État de droit », insiste le Garde des Sceaux dans sa note, consultée par plusieurs sources ce lundi.
Dans cette optique, le ministre invite les responsables judiciaires à se rapprocher sans délai des autorités administratives déconcentrées — préfets et gouverneurs — afin de solliciter des réquisitions ciblées visant les greffiers et le personnel administratif jugés essentiels au fonctionnement minimal des juridictions.
Les réquisitions devront toutefois rester strictement encadrées, proportionnées et motivées, conformément aux lois en vigueur, et viser trois missions jugées prioritaires :
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la réception et le traitement du courrier urgent,
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le service des audiences,
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la garantie des droits des usagers du service public de la Justice.
Tout en prônant la fermeté dans la gestion de cette crise, Ousmane Diagne appelle au respect scrupuleux du cadre légal des réquisitions en période de grève, soulignant que les chefs de juridiction devront rendre compte régulièrement à ses services de la mise en œuvre des mesures prises.
Cette décision, qui intervient dans un climat social tendu au sein de l’appareil judiciaire, vise à éviter l’engorgement des dossiers et à maintenir un socle minimal d’activité judiciaire, notamment pour les affaires urgentes. Elle pourrait cependant raviver les tensions entre le ministère et les syndicats de la justice, qui réclament depuis des mois une amélioration de leurs conditions de travail.



