Face à l’essoufflement des réformes successives et à la persistance des dysfonctionnements, le ministre de l’Éducation nationale, Moustapha Guirassy, a annoncé, jeudi, une refonte en profondeur du système éducatif sénégalais. Il s’exprimait devant les parlementaires lors de la séance plénière consacrée à l’examen du budget 2026 de son département, arrêté à 990,75 milliards de francs CFA, en légère progression par rapport à l’année précédente.

Le ministre a reconnu que les politiques menées jusque-là, bien que coûteuses, n’ont pas permis d’obtenir les résultats attendus. Selon lui, l’enjeu dépasse désormais la simple construction d’infrastructures scolaires, souvent érigée en priorité.
« Il faut interroger les causes des contre-performances, anticiper les mutations technologiques, notamment liées à l’intelligence artificielle, et repenser les fondamentaux du système éducatif », a-t-il affirmé.
Cette refonte, qualifiée de « globale » par le ministre, portera sur l’ensemble de l’environnement scolaire : quantum horaire, contenus pédagogiques, formation des enseignants, cantines scolaires, et même les modèles d’évaluation. Guirassy appelle également à une révision profonde des indicateurs de performance, estimant qu’ils ne reflètent plus les réalités et les besoins des élèves et des enseignants.
Vers un fonds souverain dédié à l’éducation
Pour assurer un financement stable et indépendant du secteur, le ministre propose la création d’un fonds souverain pour l’éducation, un mécanisme stratégique qui serait géré au niveau de la Présidence ou de la Primature. L’objectif : sortir d’une dépendance structurelle au budget national, jugé insuffisant pour relever les défis actuels.
« Les enfants souffrent. Le capital humain est essentiel. Il faut trouver d’autres modes de financement », a insisté Moustapha Guirassy, soulignant que malgré les investissements massifs, souvent chiffrés en milliards, les performances du système restent en deçà des attentes. Il affirme que même une hausse de 100 milliards de francs CFA du budget du ministère ne suffirait pas à combler le déficit structurel et qualitatif du secteur.
En plaidant pour une collaboration renforcée entre son département et les parlementaires, Guirassy veut initier une réponse collective et structurelle aux difficultés de l’école sénégalaise. Cette annonce ouvre la voie à un vaste chantier qui pourrait redéfinir, dans les prochaines années, les contours du système éducatif national.



