Keur Serigne Touba : l’ancrage mondial du mouridisme et son rôle social

De Paris à Abidjan, de New York à Rome, les « Keur Serigne Touba » incarnent le rayonnement international du mouridisme. Ces maisons, à la fois lieux de prière, de formation religieuse et d’entraide, dépassent aujourd’hui leur fonction initiale pour devenir de véritables pôles culturels et sociaux de la diaspora.

Un espace d’identité et de métissage
Créés pour préserver et transmettre les enseignements de Cheikh Ahmadou Bamba, les « Keur Serigne Touba » sont devenus, selon le géographe et écrivain mouride Mamadou Moustapha Diop, « un facteur d’identification » pour les fidèles.
« Le nom même de Keur Serigne Touba remplit une fonction d’identification du fondateur de la confrérie et de sa communauté, tout en participant à la construction sociale et religieuse du territoire », explique-t-il.
En Afrique, en Europe ou en Asie, ces lieux rassemblent fidèles et curieux autour des zikrs (chants religieux), de rencontres culturelles et d’activités sociales, symbolisant la présence mouride au cœur des grandes capitales.

Côte d’Ivoire, berceau d’un modèle
Le premier « Keur Serigne Touba » de la diaspora a vu le jour en Côte d’Ivoire, sous l’impulsion de Cheikh Mouhamadou Mourtada Mbacké, avec l’appui de Serigne Cheikh Mbacké Gaïndé Fatma.
Pour Mbaye Gueye Mbaye, président du Dahira mouride en Italie, cette maison a servi de modèle à d’autres édifices similaires en Europe et ailleurs.
« Ces foyers appartiennent à tous les musulmans », rappelle-t-il, citant Serigne Mourtada qui préférait parler de « Keur Islam ».

Un refuge social et spirituel
À Paris, Serigne Mboussobé Bousso, imam depuis 25 ans, souligne la dimension humaine de ces espaces :
« Si certains compatriotes n’ont pas sombré face aux épreuves de la vie, c’est parce que les Keur Serigne Touba ont servi de refuges. »
Ces maisons jouent aussi un rôle déterminant dans l’éducation des enfants de la diaspora, offrant une alternative aux dérives de la rue et aux influences contraires aux valeurs culturelles et religieuses.

Organisation et mission
Chaque « Keur Serigne Touba » fonctionne selon la tradition islamique, avec un imam en charge des affaires religieuses. Ils servent de mosquées pour les cinq prières quotidiennes, mais aussi de centres d’étude où l’on apprend l’islam et la vie de Cheikh Ahmadou Bamba.
« Les fidèles s’y retrouvent pour adorer en groupe, conformément aux recommandations de l’islam », précise Mbaye Gueye Mbaye.

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