Le football sénégalais est (encore) en deuil. Un mois après la disparition de Lamine Mboup, un autre ancien international s’en est allé. Oumar Ndiaye, plus connu sous le surnom de “Bosquier”, est décédé le mercredi 8 avril en France, à l’âge de 75 ans, laissant derrière lui le souvenir d’un défenseur combatif et d’un Lion au mental d’acier.

Ancien pensionnaire de l’US Gorée, Bosquier, qui est né en 1951, a porté à une dizaine de reprises le maillot de la sélection nationale. Mais au-delà des chiffres, c’est un moment précis qui a forgé sa légende.
Le penalty de Kinshasa, un instant d’éternité
Le 14 décembre 1975, en plein jour de Tabaski, le Sénégal joue sa qualification pour le tour suivant des éliminatoires des Jeux olympiques de Montréal face au Zaïre, à Kinshasa. Après un score cumulé de 2-2, tout se joue aux tirs au but.
La pression est immense. Le destin d’un pays repose sur un tir. “ La qualification du Sénégal est entre les pieds de Bosquier. S’il marque, le Sénégal se qualifie… Bosquier s’élance, tire… et marque ! ”
La voix du doyen Abdoulaye Diaw résonne encore dans les mémoires. Ce penalty victorieux propulse les Lions et inscrit à jamais Oumar Ndiaye dans l’histoire du football national.
Des débuts à Accra, une fin à Lagos
Bosquier honore sa première sélection le 15 avril 1973 à Accra face au Ghana, dans le cadre des éliminatoires de la CAN 1974. Malgré une défaite (3-2), avec des réalisations de Mamadou Diop dit Boy Dakar et Boubacar Sarr dit Locotte, le défenseur entame un parcours international sous la houlette du sélectionneur Pape Diop.
Son dernier match avec les Lions intervient le 25 juin 1977 à Lagos contre le Nigeria, lors des éliminatoires de la CAN 1978, sur une défaite (3-0).
Un Lion s’en va, une mémoire demeure
Oumar Ndiaye Bosquier n’était peut-être pas le plus médiatisé de sa génération, mais il restera à jamais ce joueur décisif, capable de faire basculer l’histoire en un instant. Un défenseur devenu héros, le temps d’un tir.
Le Sénégal perd aujourd’hui un ancien Lion, mais conserve à jamais le souvenir d’un homme qui, un jour de Tabaski, a fait vibrer toute une nation.
Abdoulaye DIÈYE, journaliste-statisticien




