Lors d’une rencontre tenue ce mardi avec les membres du Bureau politique de Pastef, le président de la République, Bassirou Diomaye Faye, a tenu à clarifier plusieurs dossiers sensibles qui alimentent les tensions et interrogations au sein de sa majorité. Au centre des échanges : sa relation avec Ousmane Sonko, le rôle d’Aminata Touré et les accusations visant Abdourahmane Diouf.

« Diomaye moy Sonko, Sonko moy Diomaye »
En ouverture, le chef de l’État a voulu dissiper tout malentendu sur sa relation avec le Premier ministre Ousmane Sonko, alors que des rumeurs persistantes évoquent des divergences au sommet de l’exécutif.
« Diomaye moy Sonko, Sonko moy Diomaye », a-t-il lancé devant les responsables de Pastef, réaffirmant ainsi une proximité politique et personnelle qu’il présente comme intacte. Ce message se veut une réponse directe aux spéculations sur une éventuelle fracture au sein du duo qui incarne le pouvoir actuel.
Aminata Touré, un pari politique assumé
Bassirou Diomaye Faye est ensuite revenu sur la désignation d’Aminata Touré pour conduire la restructuration de la coalition « Diomaye Président », une décision qui a suscité de vifs remous dans les rangs militants.
Le chef de l’État a indiqué qu’il s’agit d’un choix « qu’il assume pleinement », fondé sur « son engagement passé » et son expérience dans la gestion des affaires publiques. Il reconnaît toutefois que cette nomination ne fait pas l’unanimité en interne, comme l’a rapporté le journal Libération.
Interrogé sur le rapport de l’Inspection générale d’État (IGE) qui avait épinglé Aminata Touré lorsqu’elle occupait la Primature, Diomaye Faye a relativisé sa portée, évoquant un document « commandité par l’ancien président Macky Sall ». Il a cependant pris soin de nuancer : « Mais on verra », laissant la porte ouverte à d’éventuelles vérifications sans pour autant condamner ni blanchir définitivement l’intéressée.
Abdourahmane Diouf, entre accusations et présomption d’innocence
Le président s’est également exprimé sur le cas d’Abdourahmane Diouf, visé par des accusations de surfacturation qui nourrissent une controverse publique.
Diomaye Faye a insisté sur la nécessité de la prudence, affirmant qu’il ne tirerait « aucune conclusion hâtive » tant que les investigations ne sont pas achevées. Selon lui, les services compétents poursuivent les enquêtes techniques, et c’est à l’issue de ce travail que des décisions seront prises.
En adoptant ce ton mesuré, le président cherche à afficher une posture d’État fondée sur la présomption d’innocence et le respect des procédures, loin des emballements médiatiques.
En clarifiant sa ligne sur ces trois dossiers, Bassirou Diomaye Faye tente de reprendre la main sur le récit politique : réaffirmer son tandem avec Ousmane Sonko, assumer le pari Aminata Touré malgré les crispations, et afficher une prudence institutionnelle dans le cas Abdourahmane Diouf. Une manière de resserrer les rangs de la majorité tout en répondant aux critiques qui s’accumulent dans l’espace public.



