Le chroniqueur politique de la TFM, Badara Gadiaga, a été placé sous mandat de dépôt ce lundi 14 juillet 2025 par le doyen des juges d’instruction. Il est poursuivi pour trois chefs d’accusation : diffusion de fausses nouvelles, offense au chef de l’État et collecte de fonds à des fins supposées de troubles à l’ordre public.

À la sortie du bureau du juge, son avocat, Me Oumar Youm, a vivement dénoncé une procédure qu’il qualifie de « dérive judiciaire grave », accusant le parquet de dérive autoritaire :
« Nous dénonçons avec la plus grande fermeté cette démarche du parquet, qui s’éloigne de sa mission républicaine pour se muer en police politique. »
Pour Me Youm, l’affaire dépasse le cadre juridique et s’inscrit dans une logique de règlement de comptes politiques :
« On assiste à une instrumentalisation de la justice. On veut faire taire une voix libre, critique, qui s’exprime chaque vendredi dans le Conseil du Peuple. »
L’avocat s’inquiète des nombreuses irrégularités qu’il dit avoir constatées depuis l’ouverture du dossier. Il affirme que la procédure policière initiale ne retenait qu’une seule infraction :
« Même la police n’avait noté qu’un discours jugé subversif. C’est le parquet qui, par la suite, a artificiellement alourdi le dossier. »
Selon lui, les infractions évoquées sont « fictives » et dénuées de fondement :
« On a monté un chapelet d’accusations imaginaires pour faire porter à un honnête citoyen la responsabilité de troubles supposés. »
Très critique, Me Youm va plus loin dans son analyse :
« Ce qui se passe est gravissime. C’est une honte pour le Sénégal, pour tous ceux qui croient en la démocratie et aux libertés. Nous n’accepterons pas que notre justice soit manipulée par des forces obscures. »
Cette affaire intervient dans un contexte de forte tension autour de la liberté d’expression au Sénégal. La détention préventive de Gadiaga suscite déjà une large mobilisation sur les réseaux sociaux, et alimente le débat sur l’indépendance de la justice face au pouvoir politique.



