L’ancien directeur général de l’Agence nationale de la maison de l’outil (Anamo), Maodo Malick Mbaye, a été inculpé pour détournement présumé de deniers publics portant sur près de 600 millions de francs CFA. Il a été placé sous mandat de dépôt mardi 22 juillet, à l’issue de son audition par le juge d’instruction du 3e cabinet, dans le cadre de l’information judiciaire ouverte par le Parquet du pool financier.

Ce tournant judiciaire met un coup de projecteur sur une affaire qui remonte à plusieurs mois. Au moment où la procédure avait été lancée, Maodo Malick Mbaye se trouvait hors du territoire national. Depuis l’étranger, il avait rejeté en bloc les accusations portées contre lui, clamant son innocence dans les médias et sur ses canaux de communication.
De retour au Sénégal en juin dernier, l’ancien responsable s’était présenté de son propre chef au cabinet du juge. Faute de disponibilité du magistrat instructeur, l’audition initialement prévue n’avait pu se tenir. Il avait alors regagné son domicile, en attendant d’être recontacté.
Après plusieurs reports, le juge d’instruction a fini par l’entendre. À l’issue de l’audition qui s’est tenue cette semaine, il a été inculpé formellement pour détournement de deniers publics, puis placé en détention provisoire.
Fait notable, selon des sources proches du dossier, Maodo Malick Mbaye aurait déjà versé des cautions couvrant la totalité des montants incriminés, en guise de garantie. Ce geste, s’il ne préjuge pas de sa culpabilité ou de son innocence, pourrait peser dans la balance lors de l’évaluation de sa responsabilité pénale.
L’affaire est désormais entre les mains de la justice. Elle relance, une fois encore, le débat sur la reddition des comptes et la gestion des ressources publiques, dans un contexte de forte demande citoyenne de transparence.



