L’ancien bâtonnier de l’Ordre des avocats du Sénégal, Me Mame Adama Gueye, estime que la gouvernance publique n’a pas fondamentalement changé depuis l’arrivée au pouvoir du Président Bassirou Diomaye Faye. Invité de l’émission « Objection » sur Sud FM, ce dimanche 30 novembre, il a dénoncé une continuité des pratiques de clientélisme politique dans les nominations aux hautes fonctions de l’État.

Selon lui, le nouveau régime a reproduit les méthodes de l’ancien pouvoir en récompensant certains acteurs politiques par des postes stratégiques :
« Le Président Diomaye Faye a fait comme l’ancien régime, en nommant à des postes des personnes pour les rétribuer de leurs efforts politiques », a-t-il fustigé.
Me Mame Adama Gueye rappelle que le camp présidentiel avait pourtant pris des engagements forts en matière de bonne gouvernance. Or, à ses yeux, ces promesses n’ont pas été tenues :
« On a eu des engagements de ce régime nouveau sur la bonne gouvernance, mais ça n’a pas été respecté. Toute la charrette de nominations, jusqu’ici, repose sur l’appartenance au parti au pouvoir ou sur le statut d’allié », déplore-t-il.
L’avocat affirme que, depuis l’installation du nouveau pouvoir, des responsables issus de Pastef et de ses alliés ont été propulsés à des postes de direction générale, parfois à partir de positions intermédiaires dans l’administration. Il reconnaît que certains d’entre eux peuvent être compétents, mais insiste sur une ligne de principe :
« La bonne gouvernance est incompatible avec le clientélisme et les nominations politiques », martèle-t-il, rappelant que le candidat Diomaye Faye avait promis de recourir à des appels à candidatures pour les postes à responsabilité publique.
Pour Me Mame Adama Gueye, le Président de la République n’a pas encore traduit en actes les engagements pris durant la campagne :
« Le président de la République n’a pas encore mis en œuvre les engagements du candidat Diomaye Faye », soutient-il.
L’ancien bâtonnier appelle enfin le chef de l’État à mettre l’intérêt général au-dessus des logiques partisanes, en procédant à des nominations fondées sur des critères objectifs :
« Il doit nommer les citoyens sur la base de la compétence et de l’intégrité », insiste Me Mame Adama Gueye, qui en appelle à une rupture réelle avec les pratiques du passé.



