Au Musée des Civilisations noires de Dakar, le Premier ministre Ousmane Sonko a placé la jeunesse au cœur de sa vision stratégique pour l’Afrique, lors d’un débat animé par le géopolitologue Pascal Boniface.

Dans une intervention marquée par un ton volontariste, Ousmane Sonko a défendu une lecture résolument positive de la démographie africaine. Pour lui, le continent, le plus jeune au monde, détient un avantage comparatif majeur qu’il convient de structurer et de valoriser. « Cette souveraineté ne peut exister sans intégrer la question de la jeunesse », a-t-il insisté, appelant à transformer ce potentiel en véritable levier de développement.
Une jeunesse au centre du projet de souveraineté
Refusant les discours alarmistes, le Premier ministre a rejeté l’idée d’une jeunesse perçue comme un fardeau. Il a plutôt plaidé pour une approche stratégique fondée sur l’investissement dans l’éducation, la formation et l’emploi, afin de faire de cette dynamique démographique un « dividende » pour les économies africaines.
Selon lui, l’enjeu n’est pas de freiner cette croissance, mais de l’organiser. « La jeunesse africaine n’est pas un problème à gérer », a-t-il martelé, soulignant que l’absence de politiques adaptées pourrait transformer cet atout en risque.
Rejet des politiques de limitation de la natalité
Dans la même logique, Ousmane Sonko a mis en garde contre les politiques extérieures visant à limiter la natalité en Afrique. Il a dénoncé une vision biaisée d’un continent prétendument surpeuplé, affirmant au contraire que l’Afrique dispose encore d’importantes marges en termes de densité démographique.
« Il faut refuser qu’on nous impose certaines politiques de limitation de natalité », a-t-il déclaré, appelant à une souveraineté pleine dans la définition des politiques publiques liées à la population.
Une vision stratégique face aux défis mondiaux
Évoquant des exemples internationaux, notamment en Asie, le chef du gouvernement a alerté sur les conséquences du déclin démographique observé dans certains pays. Pour lui, ces situations doivent servir d’alerte, incitant l’Afrique à préserver et à structurer son capital humain.
Une force à organiser
Au terme de son intervention, Ousmane Sonko a résumé sa vision en une formule forte : faire de la jeunesse africaine une force organisée, capable de porter les ambitions de souveraineté, de croissance et d’indépendance du continent.
Un positionnement qui inscrit la question démographique non plus comme un défi à contenir, mais comme un moteur stratégique à activer.



