Les anciens députés Cheikhou Oumar Sy et Théodore Chérif Monteil ont publié, ce mardi 29 juillet 2025, une tribune au ton ferme dans laquelle ils interpellent le Premier ministre sur le respect du cadre institutionnel. Les deux ex-parlementaires estiment que toute initiative économique majeure, telle que le plan de relance récemment annoncé par le chef du gouvernement, doit impérativement être soumise aux instances républicaines compétentes : le Conseil des ministres et l’Assemblée nationale.

« Gouverner ne peut se faire en dehors du cadre légal, au risque d’affaiblir la démocratie sénégalaise », soulignent-ils, rappelant que la Constitution définit des procédures claires pour l’adoption de projets structurants. Selon eux, le Premier ministre ne peut se limiter à des annonces publiques sans qu’un débat parlementaire suivi d’un vote ne vienne légitimer le plan.
Les anciens députés dénoncent également un manque de transparence dans la gestion des financements récemment mobilisés par l’État, notamment 750 milliards FCFA levés via des Eurobonds et plus de 984 milliards FCFA au sein de l’UEMOA. « Aucune visibilité n’a été donnée sur l’utilisation de ces ressources », alertent-ils, exigeant une gestion conforme aux principes de bonne gouvernance.
Cheikhou Oumar Sy et Théodore Chérif Monteil appellent à un retour strict aux procédures légales afin de restaurer la confiance entre l’exécutif, les partenaires techniques et financiers, le secteur privé et la société civile. « La République sénégalaise mérite mieux que cette dérive institutionnelle », affirment-ils, en demandant que le plan de relance économique soit présenté et débattu à l’Assemblée nationale pour lui donner toute la légitimité requise.
Pour les deux anciens parlementaires, « l’Assemblée nationale doit rester le lieu du débat et de la validation des choix stratégiques ». Un rappel à l’ordre institutionnel qui intervient dans un contexte de fortes attentes autour de la relance de l’économie nationale.



