Réseau pédocriminel mondial : polémique après la libération d’Adrien Bastard

L’affaire d’un réseau pédocriminel transnational, impliqué dans des viols d’enfants et l’inoculation volontaire du VIH en Afrique, notamment au Sénégal et au Maroc, connaît un tournant judiciaire controversé. Le 12 août 2025, la Chambre de l’instruction de Paris a ordonné la remise en liberté d’Adrien Bastard, considéré comme une figure centrale du dossier, malgré les réquisitions contraires du parquet.

Une enquête d’ampleur mondiale

L’affaire a éclaté en avril 2025 avec l’interpellation de quatre hommes dans l’Oise. Rapidement, les investigations ont révélé l’existence d’un réseau tentaculaire couvrant une cinquantaine de pays et impliquant plus de 10 000 suspects. Les victimes recensées se comptent par centaines, certaines âgées d’à peine un mois et demi.

L’Office central de lutte contre les violences aux mineurs (OFMIN) et l’Office central de lutte contre la traite des êtres humains (OCRTEH) ont été au cœur du démantèlement. À l’origine de l’affaire, l’arrestation de deux hommes pour traite d’êtres humains à l’été 2024 a permis aux enquêteurs d’infiltrer des groupes Telegram. En six mois, 73 000 messages, 23 000 photos et vidéos pédopornographiques ont été analysés, menant à l’identification de nombreux profils français.

Telegram, utilisé massivement par les criminels, est pointé du doigt pour sa coopération jugée minimale, malgré l’arrestation de son fondateur Pavel Durov en août 2024. Les contenus échangés comprenaient des viols d’enfants, souvent vendus ou achetés en cryptomonnaie.

Le cas du Sénégal et les zones d’ombre

Le nom de Pierre Robert, un ancien commerçant beauvaisien possédant plusieurs biens immobiliers au Sénégal, revient avec insistance. Il est soupçonné d’y avoir organisé des viols collectifs sur des mineurs vulnérables, recrutés par des intermédiaires locaux contre de l’argent.

Particularité macabre : plusieurs victimes auraient subi une inoculation volontaire du VIH, une pratique destinée à satisfaire des fantasmes sordides de certains commanditaires. Une vingtaine d’enfants sénégalais ont été identifiés, mais le nombre réel pourrait être bien plus élevé. Des faits similaires sont suspectés au Maroc, notamment dans les quartiers populaires de Casablanca et Marrakech.

Une libération qui choque

Malgré des charges extrêmement graves – traite d’êtres humains en bande organisée, proxénétisme aggravé sur mineurs –, Adrien Bastard, ancien délégué de “Mister France Picardie” et proche du milieu forain, a été remis en liberté sous contrôle judiciaire.

Une décision qui provoque incompréhension et colère parmi les associations de protection de l’enfance. La Chambre de l’instruction de Paris estime que cette mesure reste compatible avec les besoins de l’enquête, un argument jugé difficilement défendable au regard de la gravité des faits et de la complexité internationale du dossier.

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