Santé grave de Farba Ngom : demande de liberté provisoire motivée

Une expertise médicale réalisée le 31 juillet 2025, mandatée par le Pôle judiciaire et financier du Tribunal de grande instance hors classe de Dakar au sein du cabinet « Sakina / Sos Cardio », a révélé chez Farba Ngom, détenu depuis le 27 février 2025, un syndrome d’apnée obstructive du sommeil sévère, jusque-là non diagnostiqué ni pris en charge. Ce tableau est aggravé par une cardiopathie naissante, un diabète ancien, une obésité, ainsi que des antécédents cardiovasculaires.

Le bilan clinique décrit un patient à très haut risque : palpitations occasionnelles, malaises répétés, essoufflement à l’effort, fatigue chronique et somnolence diurne sévère. L’écho-Doppler cardiaque a mis en évidence une dilatation modérée de l’oreillette gauche et de l’aorte thoracique ascendante, soulignant la gravité de l’atteinte cardiaque. La polygraphie ventilatoire, datée du 31 juillet, a confirmé la présence d’un syndrome d’apnée sévère, justifiant une mise en place urgente d’une ventilation en pression positive continue (PPC).

Par ailleurs, une spirométrie réalisée le 2 août 2025 a révélé un trouble ventilatoire obstructif léger, suggérant une broncho-pneumopathie chronique obstructive (BPCO) débutante, fortement liée à ses antécédents tabagiques et à son obésité.

Tout en n’observant pas d’anomalies biologiques majeures par rapport aux bilans antérieurs, les experts alertent sur le caractère potentiellement fatal de cette conjonction de pathologies, pouvant entraîner une issue subite sans signe avant-coureur.

Au regard de ces éléments, les avocats de M. Ngom entendent déposer prochainement une demande de liberté provisoire, fondée sur l’incompatibilité de son état de santé avec la détention, y compris dans un cadre hospitalier.

Au Sénégal, l’article 147-1 du Code de procédure pénale autorise la mise en liberté provisoire lorsqu’une expertise médicale révèle une pathologie engageant le pronostic vital, ou que l’état de santé physique ou mental est incompatible avec la détention.

Cette disposition complète l’article 140 du même code, qui stipule que la libération peut être ordonnée si un rapport d’expertise médicale établit cette incompatibilité, même si la détention est hospitalière.

Par ailleurs, la jurisprudence sénégalaise confirme que l’absence de constat d’incompatibilité objective, dans un rapport médical, constitue un motif de cassation d’une décision de maintien en détention, et ce, même dans un contexte hospitalier.

Enfin, la procédure prévoit que, en cas de refus de mise en liberté, l’inculpé peut faire appel devant la chambre d’accusation.

Le signalement médical concernant Farba Ngom constitue un argument juridique solide — tant sur le plan du droit que de la santé — pour obtenir une liberté provisoire, au vu de l’urgence médicale, du caractère évolutif potentiellement mortel de son état, et du principe de dignité humaine. L’issue de cette requête dépendra du juge d’instruction, puis, le cas échéant, de la chambre d’accusation saisie en cas de refus initial.

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