Sénégal : Bassirou Diomaye Faye promulgue une loi durcissant la répression des « actes contre nature »


Le cadre juridique encadrant les infractions dites « contre nature » connaît un durcissement majeur au Sénégal, avec la promulgation de la loi n°2026-08 du 27 mars 2026 par le président de la République, Bassirou Diomaye Faye.

Avant cette réforme, l’article 319 du Code pénal prévoyait une peine d’un à cinq ans d’emprisonnement et une amende de 100 000 à 1 500 000 francs CFA pour tout acte impudique ou contre nature entre personnes de même sexe. Lorsque l’infraction impliquait un mineur de moins de 21 ans, la peine maximale était automatiquement appliquée.

Désormais, la nouvelle loi renforce considérablement les sanctions. Tout acte contre nature est puni d’une peine de cinq à dix ans d’emprisonnement et d’une amende comprise entre deux et dix millions de francs CFA, sans préjudice des poursuites liées à des faits de viol ou de pédophilie. En cas de victime mineure, la peine maximale s’applique d’office, sans possibilité de sursis ni d’aménagement en dessous du minimum légal.

Le texte apporte également une définition élargie des actes visés, incluant « tout acte sexuel ou à caractère sexuel entre personnes de même sexe, ainsi que tout acte commis sur un cadavre ou un animal ».

Autre innovation majeure : la criminalisation de l’apologie de ces pratiques. Est ainsi visée « toute promotion publique de l’homosexualité, de la bisexualité, de la transsexualité, de la zoophilie, de la nécrophilie ou de pratiques assimilées ». Les auteurs encourent une peine de trois à sept ans d’emprisonnement et une amende de 500 000 à cinq millions de francs CFA. Les personnes finançant ou soutenant ces activités s’exposent aux mêmes sanctions.

Le législateur prévoit toutefois une exception pour les interventions menées par des structures de santé agréées dans le cadre des politiques publiques.

Enfin, la loi introduit une disposition visant à encadrer les dénonciations abusives. Toute accusation sans preuve d’un acte contre nature est passible d’une peine de trois mois à deux ans d’emprisonnement et d’une amende de 500 000 à deux millions de francs CFA.

Avec cette réforme, les autorités entendent renforcer l’arsenal juridique encadrant ces infractions, dans un contexte marqué par des débats intenses autour des questions sociétales et des valeurs au sein de la société sénégalaise.

Auteur/autrice

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Retour en haut
Activer les notifications OK Non merci
Résumé de la politique de confidentialité

Ce site utilise des cookies afin que nous puissions vous fournir la meilleure expérience utilisateur possible. Les informations sur les cookies sont stockées dans votre navigateur et remplissent des fonctions telles que vous reconnaître lorsque vous revenez sur notre site Web et aider notre équipe à comprendre les sections du site que vous trouvez les plus intéressantes et utiles.