Sans forcer leur talent, les Lions ont dominé le Pérou (2-0) samedi au Stade de France. Une victoire propre qui confirme des bases solides, tout en révélant quelques axes de progression dans l’animation offensive.

Le score est net, mais l’essentiel est ailleurs. Face à un adversaire certes limité, le Sénégal a livré une prestation sérieuse, appliquée, presque clinique. Une victoire sans trembler qui confirme une tendance lourde : cette équipe des Lions avance avec des certitudes collectives de plus en plus affirmées.
Un milieu de terrain qui dicte sa loi
Au cœur de cette maîtrise, le duo Idrissa Gana Guèye – Pape Guèye s’impose comme une évidence. Déjà impériaux lors de la dernière CAN, les deux hommes ont encore verrouillé l’entrejeu. Gana, infatigable à la récupération, a ajouté à son registre une dimension de régulateur précieuse. Véritable métronome, il donne le tempo et stabilise le bloc.
À ses côtés, Pape Guèye, moins spectaculaire mais tout aussi essentiel, reste la clé des sorties de balle. Sa lecture du jeu et sa capacité à casser les premières lignes adverses sont capitales. Sa sortie en seconde période a d’ailleurs coïncidé avec un temps faible sénégalais, preuve de son importance structurelle.
Ismaila, une option en pointe ?
En l’absence de Sadio Mané, un autre Lion a saisi sa chance avec autorité. Percutant, inspiré et surtout décisif, Ismaila Sarr s’est imposé comme l’homme du match. Son but, inscrit après un recentrage intelligent dans l’axe, illustre une évolution intéressante dans son jeu.
Déjà utilisé dans ce rôle axial dans le système de Glasner à Crystal Palace, il semble y trouver une pleine expression. Plus proche du but, plus clinique, il offre une alternative crédible en pointe. Une piste que Pape Thiaw pourrait exploiter, tant sa vitesse et sa spontanéité peuvent désorganiser n’importe quelle défense.
Le chantier des demi-espaces
Tout n’a pourtant pas été parfait. Privé de Sadio Mané et d’Iliman Ndiaye, le Sénégal a manqué de justesse dans l’exploitation des demi-espaces, ces zones intermédiaires devenues cruciales dans le football moderne. Leur occupation permet de fluidifier le jeu, d’accélérer les enchaînements et de désorganiser les blocs adverses.
Or, Ibrahim Mbaye et Ismaïla Sarr, davantage portés sur le jeu de couloir, ont naturellement étiré le bloc sans toujours offrir de solutions entre les lignes. Le premier but, né d’un débordement pur de Mbaye, illustre cette tendance. Sarr a bien tenté de repiquer dans l’axe, mais sans l’efficacité d’un Mané ou d’un Ndiaye dans ces zones.
Conséquence directe : des latéraux moins sollicités offensivement et une animation parfois trop prévisible dans les trente derniers mètres.
Une base solide, des réglages à affiner
Cette victoire face au Pérou a donc valeur de confirmation plus que de révélation. Solides, organisés et disciplinés en dépit de pertes de balle qui auraient pu coûter très chères, les Lions continuent de bâtir sur un socle fiable. Mais pour franchir un cap, notamment face à des adversaires plus consistants, l’optimisation des demi-espaces et la diversité des circuits offensifs seront essentielles.

Lamine Mandiang Diédhiou



