Lors de l’installation du Conseil national de Pastef, ce jeudi 11 juillet, le Premier ministre et leader du parti, Ousmane Sonko, a lancé une attaque frontale contre certains médias sénégalais, qu’il accuse de faire preuve de partialité manifeste à l’égard de son mouvement. Il a ainsi exhorté les militants de Pastef à boycotter les émissions de ces chaînes qu’il qualifie de « hostiles ».

« Que les membres de Pastef cessent d’aller sur les plateaux tenus par des chroniqueurs qui nous combattent », a-t-il martelé, appelant à ignorer les télévisions qu’il juge « clairement engagées contre notre projet ».
Ousmane Sonko a revendiqué une posture de rupture avec les médias traditionnels, affirmant que son parti continuera à privilégier les réseaux sociaux pour sa communication politique.
« Nous avons mené notre lutte à travers les réseaux sociaux, et nous continuerons ainsi. Nous n’avons pas besoin de ces médias partisans », a-t-il insisté.
Une réaction dans un contexte tendu
Cette sortie intervient alors que les tensions entre Pastef et une partie de la presse se sont intensifiées depuis l’émission “Jakaarlo bi” du 4 juillet sur la TFM. L’émission avait opposé le député Amadou Ba (Pastef) au chroniqueur Badara Gadiaga, dans un échange musclé. Ce duel verbal a été suivi d’une convocation des deux protagonistes à la Division spéciale de la cybersécurité (DSC), ajoutant à la crispation ambiante.
Vers une confrontation assumée avec la presse
Le leader de Pastef assume clairement une stratégie de confrontation, affirmant qu’il entend « combattre » les journalistes et médias qui, selon lui, attaquent systématiquement son parti et son programme.
« Je vais les combattre avec la même énergie qu’ils mettent à nous attaquer », a-t-il déclaré avec fermeté.
Cette nouvelle déclaration risque de raviver les débats sur la liberté de la presse, la polarisation du paysage médiatique, et les rapports de force entre les acteurs politiques et les journalistes au Sénégal.



