Victorieux du Pérou (2-0) puis de la Gambie (3-1), le Sénégal a parfaitement négocié sa fenêtre internationale de mars. Mais derrière le bilan comptable flatteur, Pape Thiaw repart avec des certitudes… et des dilemmes majeurs à trancher avant le Mondial.

La fête était belle, entre célébration du sacre continental et continuité sportive. Avec cinq buts inscrits pour un seul encaissé, les Lions ont validé leur dynamique. Mais pour Pape Thiaw, l’essentiel était ailleurs entre tester, observer et hiérarchiser.
Premier enseignement, la hiérarchie des gardiens semble désormais figée. Edouard Mendy reste indiscutable numéro un, tandis que Mory Diaw s’installe dans le rôle de doublure. En revanche, Yehvann Diouf a laissé filer une opportunité précieuse. Son erreur face à la Gambie pèse lourd dans une course où chaque détail compte.
Abdoulaye Seck en avance sur Nobel
En défense, la bataille était attendue, notamment entre Abdoulaye Seck et Nobel Mendy. À l’arrivée, l’avantage penche nettement du côté du premier. Solide, buteur et leader contre la Gambie, Seck a marqué des points, notamment grâce à son apport sur coups de pied arrêtés. Mais son manque de rythme en club reste une inconnue. À l’inverse, Nobel Mendy (42 minutes jouées), intéressant sans être décisif, a souffert dans une défense à trois qui a mis en lumière des hésitations à la relance comme sur cette action où il s’est fait chiper le ballon par Minteh et qui a été sauvé par la bonne lecture de Yehvann.
Car c’est l’un des autres enseignements majeurs : le système en 3-4-3 n’a pas totalement convaincu. Entre pertes de balle évitables, approximations dans les zones dangereuses et déséquilibres défensifs, les Lions ont parfois flirté avec la sanction. Face à des adversaires de calibre supérieur comme la France ou la Norvège, ces largesses pourraient coûter cher. Un rappel utile pour un groupe peut-être encore porté par l’euphorie du titre.
Boulaye et Habib Diallo, grands perdants de mars
Dans l’entrejeu, la concurrence s’intensifie avec une hiérarchie qui se dégage peu à peu, où Gana Gueye et Pape Gueye sont indéboulonnables et Lamine Camara qui est désormais le 3ème choix. Mais c’est surtout en attaque que les enseignements sont les plus tranchants. Ismaïla Sarr (1 but et une passe décisive) s’est affirmé comme un leader offensif, tandis qu’Ibrahim Mbaye (1 but et une passe décisive) a confirmé tout son potentiel avec un impact immédiat. Assane Diao a montré quelques facettes même s’il n’a pas encore assez de rythme Chérif Ndiaye, lui, semble avoir pris une petite longueur d’avance dans le rôle de point d’appui derrière Nicolas Jackson.
À l’inverse, Boulaye Dia (23 minutes) et Habib Diallo (6 minutes) ressortent fragilisés, tandis que Bamba Dieng (45 minutes contre la Gambie) n’a pas totalement convaincu malgré quelques séquences intéressantes. Mamadou Diakhon, entré en jeu à la 64ème minute contre la Gambie, n’a pas eu beaucoup de minutes pour s’illustrer et pourrait être court pour faire partie de l’appel de l’Amérique. L’embouteillage offensif promet des choix forts, d’autant que Sadio Mané et Iliman Ndiaye feront leur retour.
À deux mois de dévoiler sa liste, Pape Thiaw avance avec une base quasi définie. Mais dans un groupe où la concurrence est féroce, les certitudes restent fragiles. Et d’ici au Mondial, une vérité s’impose : tout peut encore basculer.
Lamine Mandiang Diédhiou



