Alors que la ville sainte, deuxième agglomération du pays derrière Dakar, enregistre officiellement entre 100 000 et 120 000 naissances déclarées chaque année, le maire Abdou Lahat Ka tire la sonnette d’alarme : ces chiffres ne représenteraient que 40 % des naissances réelles, laissant un état civil « débordé ».

En extrapolant, la capitale religieuse des Mourides ferait face à 250 000 à 300 000 nouveau-nés par an, un afflux démographique inédit. Ce boom s’explique par la persistance de déclarations tardives ou absentes, les lourdeurs administratives et un déficit de sensibilisation à l’importance de l’enregistrement civil.
Le maire prévient : à ce rythme, Touba pourrait dépasser Dakar en population d’ici 12 ans, d’autant que 40 nouveaux ménages s’y installeraient quotidiennement, venus de toutes les régions du pays.
Des infrastructures déjà sous tension
Cette croissance démographique fulgurante met à rude épreuve les services publics :
- Dispensaires et écoles saturés, voirie insuffisante.
- État civil sous-équipé, avec un manque criant de matériel, d’agents et d’outils numériques.
- Pression accrue sur la santé, l’éducation, le logement et l’emploi.
Les pistes envisagées
Pour éviter que cette expansion incontrôlée ne compromette le développement local, le maire appelle à :
- Moderniser l’état civil par la digitalisation, le recrutement d’agents et des campagnes massives sur l’importance de déclarer les naissances.
- Planifier l’urbanisation : nouvelles écoles, centres de santé, logements sociaux et gestion foncière rigoureuse.
- Sensibiliser les communautés à la planification familiale, en partenariat avec les leaders religieux et sociaux.
- Renforcer la coordination entre mairie, État et partenaires internationaux pour accompagner la croissance de manière durable.
Touba, cœur spirituel et moteur urbain du Sénégal, se trouve aujourd’hui face à un défi historique. Sans action rapide et concertée, ce baby-boom pourrait menacer à long terme les équilibres sociaux et la qualité de vie des habitants Touba.




