Le Premier ministre Ousmane Sonko est, ce vendredi, devant les députés de la 15ᵉ législature pour une séance de questions d’actualité à haute portée politique et économique. À l’ordre du jour, trois interpellations : onze questions introduites par le groupe parlementaire Pastef et deux par les non-inscrits. Dès l’ouverture des débats, plusieurs élus ont décrit une conjoncture financière fragile, marquée par des tensions sur les recettes, un déficit budgétaire jugé préoccupant et un climat économique qui alimente les craintes de l’opinion.

Les parlementaires ont insisté sur l’urgence d’une communication plus transparente de la part de l’exécutif, notamment sur la dette publique. « Le pays et le gouvernement sont-ils enfin alignés sur une stratégie d’endettement claire et soutenable ? », a lancé un député, demandant également des précisions sur l’état d’avancement des discussions avec le Fonds monétaire international (FMI), jugées « longues » et « sources d’incertitudes » par certains groupes. Les impacts du plan de redressement engagé par l’État, en termes de dépenses publiques, de réformes structurelles et de pouvoir d’achat, ont également été au cœur des préoccupations.
Prenant la parole pour répondre aux questions relatives à son département, le ministre des Finances et du Budget, Cheikh Diba, s’est voulu rassurant. « Les discussions avec le FMI se passent très bien », a-t-il affirmé, indiquant que le gouvernement a transmis à l’institution financière une note détaillant l’ensemble des réformes déjà enclenchées. Selon lui, cette feuille de route vise à restaurer la crédibilité budgétaire du pays et à consolider les équilibres macroéconomiques.
Cheikh Diba a également révélé qu’un inventaire complet de la dette publique a été réalisé afin d’actualiser les statistiques financières de l’État. « Nous disposons désormais de chiffres exacts et consolidés, et le FMI a donné une autorisation pour nous accompagner dans un nouveau programme », a-t-il indiqué. Le ministre assure que les échanges se déroulent dans « une atmosphère de confiance mutuelle », qu’il présente comme un signal positif pour la suite des négociations.
Alors que l’Assemblée nationale poursuit ses débats, ces assurances du ministre des Finances seront scrutées de près, dans un contexte où chaque annonce sur la dette, le FMI et le déficit budgétaire est perçue comme un baromètre de la capacité du gouvernement à éviter une crise plus profonde et à préserver le pouvoir d’achat des Sénégalais.




