Plan Sonko : un redressement souverain, hors du joug des bailleurs

Le gouvernement sénégalais entre dans une nouvelle ère de gestion économique. Sous la présidence de Bassirou Diomaye Faye, le Premier ministre Ousmane Sonko a dévoilé ce vendredi au Grand Théâtre national de Dakar un Plan de Redressement Économique et Social (PRES), aux accents profondément souverainistes. Ce plan veut réorienter le Sénégal vers une croissance autonome, fondée sur la justice sociale, la responsabilité nationale et la fin de la dépendance financière extérieure.

Dans un discours incisif, le chef du gouvernement a rappelé l’esprit qui anime cette démarche : « Hier, ici même, lors de la remise des prix du Concours général, le président de la République a exprimé son souhait de voir les Sénégalais s’approprier le concept de souveraineté. »

« 65 ans après les indépendances, le salut ne viendra pas d’ailleurs »

Le message est clair : il est temps de rompre avec le réflexe de la main tendue. Le plan présenté s’inscrit dans une logique de recentrage sur les ressources et capacités nationales, loin des conditionnalités et lenteurs des institutions financières internationales.

« Toute la trame de ce plan répond à cette option forte de faire des efforts par nous-mêmes. Nous ne pouvons pas, 65 ans après les indépendances, continuer à attendre le salut de l’extérieur », a martelé Ousmane Sonko.

Le Premier ministre a par ailleurs critiqué l’attentisme autour du Fonds monétaire international (FMI), citant les débats stériles sur un éventuel programme sans avancée concrète : « Après les audits, tout le débat national tournait autour du FMI. Le FMI n’a pas décaissé. Ce que nous présentons aujourd’hui n’attend quasiment rien de personne, sinon du peuple sénégalais lui-même. »

Une architecture budgétaire tripartite, sans recours à la dette

Le plan repose sur trois leviers financiers essentiels :

  1. La réduction maîtrisée des dépenses publiques et du train de vie de l’État ;
  2. La mobilisation accrue des ressources domestiques ;
  3. Le recours à des mécanismes de financement endogènes, sans endettement extérieur.

Pour piloter cette démarche, le président Diomaye Faye a autorisé la création d’une cellule interministérielle rattachée à la Primature, en charge de l’élaboration et du suivi du PRES. Une structure transversale qui regroupe les ministères clés et assure une coordination stratégique.

« Forts de ces constats, nous avons sollicité et obtenu l’autorisation du président de la République pour mettre en place une équipe autour de nous à la Primature », a précisé le chef du gouvernement.

Un cap politique et économique assumé

Au-delà de la technique, ce plan est un manifeste politique, assumant une vision de rupture avec les modèles économiques hérités. Le gouvernement affiche sa volonté de repositionner le Sénégal comme acteur de son propre développement, maître de ses choix budgétaires et porteur d’un projet de transformation sociale inclusif.

Le défi reste immense : relever l’économie sans dette, tout en répondant aux attentes pressantes des populations. Mais l’ambition est posée, et la ligne est tracée : celle d’un Sénégal qui croit en ses propres forces.

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