Senelec, jeux, tabac, audiovisuel : l’État serre la vis fiscale

L’État sénégalais passe à l’action. Pour rompre avec une dépendance chronique à la dette extérieure, le Premier ministre Ousmane Sonko a annoncé une série de mesures fiscales ciblées destinées à renforcer les recettes publiques. Objectif : mobiliser des centaines de milliards FCFA en exploitant des niches jusque-là mal encadrées ou sous-taxées.

Senelec : 90 milliards de pertes à traquer

Premier secteur dans le viseur : la Senelec. Les conventions passées avec la société nationale d’électricité seront revues et assainies, afin de mettre fin aux dysfonctionnements techniques et fraudes qui coûtent chaque année près de 90 milliards FCFA à l’État.

« Il est temps d’en finir avec les pertes invisibles », a martelé le Premier ministre.

Jeux en ligne, tabac : fiscalité renforcée

L’exécutif entend également mieux encadrer les jeux en ligne, un marché en pleine expansion mais encore très peu fiscalisé. Une taxation accrue est prévue, tout comme sur le tabac, pour mieux capter les revenus de ces secteurs à fort rendement. À la clé : plus de 100 milliards FCFA attendus, selon les projections du ministère des Finances.

Audiovisuel et numérique à contribution

Le secteur audiovisuel et les services numériques ne sont pas épargnés. Le Premier ministre a demandé au ministère de la Communication d’instaurer des redevances sur les publicités télévisées et numériques, un chantier qui vise à moderniser le cadre fiscal et faire participer les médias à l’effort national.

Diaspora : levée des restrictions sur les véhicules

Autre annonce d’importance : le relèvement de l’âge limite des véhicules importés par les Sénégalais de l’extérieur. Cette mesure, très attendue par la diaspora, vise à encourager l’investissement dans le secteur automobile tout en tenant compte des réalités économiques des expatriés.

Une réforme à visage politique

Ces décisions s’inscrivent dans une vision souverainiste de l’économie, portée par le duo Diomaye Faye – Ousmane Sonko, qui veulent recentrer la politique budgétaire sur les capacités internes du pays. À terme, elles doivent générer des ressources propres pour financer les priorités sociales, sans alourdir l’endettement.

« Ces mesures doivent nous permettre de financer nous-mêmes nos urgences, nos ambitions, nos infrastructures », a conclu le chef du gouvernement, appelant à l’unité nationale et à la responsabilité collective.

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