La société Starlink, filiale de SpaceX dirigée par le milliardaire américain Elon Musk, poursuit son offensive sur le continent africain. Déployée désormais dans 25 pays, dont le Sénégal depuis un peu plus d’un mois, Starlink propose un accès à l’internet haut débit via satellite, présenté comme une alternative crédible aux réseaux terrestres traditionnels. Une avancée qui vient bousculer la domination historique de Orange sur plusieurs marchés africains.

« Nous considérons le satellite comme complémentaire à nos réseaux mobiles et fixes haut débit […]. Nous avons vocation à déployer des solutions satellitaires dans l’ensemble de nos géographies car cela correspond à l’évolution naturelle du marché », explique à Jeune Afrique Christel Heydemann, directrice générale du groupe, présent dans 17 pays africains.
Pour l’heure, seule la Côte d’Ivoire bénéficie du service Orange Sat, en partenariat avec Eutelsat. À Abidjan, Yamoussoukro et dans d’autres villes ivoiriennes, les débits atteindraient jusqu’à 50 mégabits par seconde. Une phase pilote avant une extension annoncée vers d’autres pays africains, notamment le Sénégal.
Pour Mandiaye Diallo, consultant en innovation et auteur du livre La quatrième blessure, pourquoi l’Afrique doit gagner la guerre numérique, cette orientation est logique : « Orange ne peut pas se permettre de laisser un autre acteur capter la relation commerciale sur un segment aussi stratégique, qui préfigure clairement l’architecture des réseaux de demain. » Toutefois, la concurrence s’annonce rude. « Sur l’internet par satellite, Orange pourrait rencontrer des difficultés. Starlink bénéficie déjà d’une image de technologie avancée, presque “glamour”, et dispose d’une longueur d’avance avec la commercialisation effective de ses antennes », analyse-t-il.
À ce jour, Starlink revendique la plus grande constellation de satellites au monde, avec plus de 6 750 satellites en orbite basse. Un avantage technologique majeur qui place l’entreprise américaine en position de force dans la bataille naissante de l’internet satellitaire en Afrique, désormais ouvertement disputée par Orange.




